Je suis fier de notre Président.
Cette semaine j’ai probablement vécu les deux jours les plus intenses de ma vie. Tout a commencé avec un coup de fil du bureau du Président de la République la semaine dernière alors que je prenais tranquillement mon petit déjeuner à San Francisco. « Le Président de La République souhaiterait votre présence lors de sa visite a la Maison Blanche et au Congres des Etats-Unis». Évidemment même si je n’ai pas ce genre de coup de fil régulièrement je sais que ce n’est pas une blague et j’accepte immédiatement, excite comme un enfant la veille de Noël. C’est un sentiment très difficile à décrire, un mélange de fierté et d’amitié avec le Président.
L’équipe du Président se met au travail. Avant d’avoir vu de près ce monde fonctionner de l’intérieur (je n’avais jamais approche le monde politique avant l’an dernier) j’avais en tête un cliche commun selon lequel le monde public était beaucoup moins efficace que celui des affaires. Toute l’équipe que j’ai vu s’agiter auprès de Nicolas Sarkozy pendant la campagne comme a l’Elysee m’a beaucoup impressionne par son engagement et son professionnalisme. La plupart réussiraient de manière extraordinaire dans le monde des affaires, cela n’a juste pas été leur choix. Je pense aux gigantesques congres politiques (les forums de l’Union que j’ai participé à animer et bien sur Bercy, la veille des élections). La coordination de l’équipe de permanents de militants de l’UMP est impressionnante. A l’Elysée c’est la même chose, on ne compte pas son temps et tout est règle comme une horloge suisse, au détail près, du protocole a la sécurité. Les conseillers proches du Président m’impressionnent toujours autant, en particulier l’équipe qui prépare avec le Président ses discours. Leur maîtrise de l’histoire et de l’actualité est marquante. Les conversations que j’ai avec eux me rappellent à quel point je suis « dans ma bulle technologique », ils sont dans la leur aussi d’une certaine manière, mais elle est bien plus large que la mienne.
Au début de mon engagement auprès de Nicolas Sarkozy, je ne connaissais personne autour de lui et ne le connaissais pas non plus, j’ai juste eu le sentiment qu’il était le meilleur choix pour la France. Vous connaissez probablement cette sensation positive ou négative immédiate que l’on a pour quelqu’un même si l’on ne l’a pas encore rencontre. J’ai d’abord appris à connaître son équipe puis le Président lui même a commencer par le fameux podcast. Nicolas Sarkozy m’impressionne de plus en plus alors que je commence doucement à le connaître. Je me souviens de la première émission ou je commençais a parler politique il y a un an, N’ayons pas peur des mots sur i>tele, le journaliste Samuel Etienne m’avait présenté en disant « vous qui etes Sarkozyste » et j’avais répondu « pas du tout ». Je n’assumais pas, c’est un peu la culture en France vous ne trouvez pas ? Assumer en public et dans les medias ses choix est finalement assez peu répandu surtout dans le monde des affaires. C’est tout l’inverse aujourd’hui je l’assume et j’en suis fier. De plus en plus fier.
Je suis fier de mon Président. Je pense comme la presse américaine qu’il a marque l’histoire lors de son discours au Congres américain. On sent la puissance américaine dans cette salle du Congres remplie comme un œuf pour notre Président. Il n’y avait pas une seule chaise vide, comme si les Etats-Unis tout entiers n’avaient d’yeux que pour la France a ce moment-là. Rien que cela, c’est incroyable. Ensuite la salle se lève pour l’arrivée de Nicolas Sarkozy et un déluge d’applaudissement commence. Il dure trois à cinq minutes. A chaque fois que le Président cherche a commencer son discours, les applaudissements reprennent de plus belle. Il commence enfin sa phrase. Les applaudissements se font plus forts encore, il n’en revient pas lui même. Toute la délégation assise parmi les sénateurs n’en croit pas ses yeux. Nous sommes émus et fiers. Fiers d’être français. Fiers de notre Président. Un peu comme si chacun d’entre nous était sur scène avec lui, devant tout le Congres, prêts à défendre les couleurs françaises. Laurence Parisot est assise a cote de moi et nous n’en revenons pas. Laurence me confie qu’elle pensait avoir vécu pas mal de moments incroyables dans sa vie mais jamais comme celui la. Je ressens la même intensité et ne me lasse pas de la décrire. Je me souviens trop de l’ironie des américains au moment de notre critique de la guerre en Irak et les « liberty fries ». Les centaines de remarques du genre « La France, c’est bien pour passer quelques jours de vacances c’est beau et on y mange bien, mais il faut absolument eviter d’y faire des affaires » sans parler des éclats de rire lorsque la France s’est donnée comme objectif de travailler moins avec les 35 heures et Martine Aubry qui explique a qui veut l’entendre que l’on peut tout a fait réussir en ayant le droit de travailler moins. Mieux, c’est un objectif que l’on devait se donner a l’époque pour une meilleure vie et pourquoi pas même donner des leçons de productivité et d’art de vivre au Monde. Quelle blague. On vient de loin.
Revenons au Congres justement, la France est de retour, « France is back » avant même que le Président commence son discours. Celui-ci sera interrompu une bonne vingtaine de fois par les applaudissements et les « standing ovations » qui nous donnent l’impression d’être a la messe. Toute la salle se lève a chaque fois que le Président rappelle les fondements de l’amitié entre les deux pays. Lafayette et Washington, 1944, le Plan Marshall… Que serions-nous si les Etats-Unis n’étaient pas venus nous libérer et nous permettre de relancer notre économie après la deuxième guerre mondiale ? Le Président a rappelé le politiquement incorrect en France : les Etats-Unis sont et restent un modèle pour la France. Il rappelle a quel point il apprécie l’esprit de conquête qui y règne, selon lequel aucun américain ne doit avoir d’attentes vis a vis de sa Nation mais chacun d’entre eux bénéficie d’un environnement lui permettant de réussir du moment qu’il en fait l’effort. Rien n’est du, rien n’est gratuit. C’est vrai que l’on a tendance a n’avoir que des attentes vis a vis de la société en France. Je le ressens énormément avec mes premiers salaries aux Etats-Unis. Leur approche est par défaut d’être heureux de pouvoir s’associer à la création de mon entreprise et de chercher par tous les moyens a contribuer à son succès, sans attentes, sans commencer d’emblée comme en France par demander quels sont leurs droits, leurs RTT, leurs horaires de travail, leurs semaines de vacances et le montant des tickets restaurants comme préalable. Le Président a aussi rappelé les événements du 11 Septembre et l’article de Liberation « nous sommes tous americains » en expliquant qu’il avait considère que le peuple americain est sorti grandi de la dignité avec laquelle il a traverse cette épreuve.
L’Irak a été évoque par une métaphore : la France est l’amie des Etats-Unis et l’on peut parfois être en désaccord avec ses amis. Le Président a rappelle que la France serait toujours prête a aider les Etats-Unis en évoquant sa tristesse a chaque soldat americain qui mourrait dans le monde, pensant aux pertes americaines en 1944 pour nous sauver.
Vous comprendrez aisément que je ne blogue pas beaucoup finalement sur ce voyage. J’étais invite comme ami personnel du Président et non parmi la presse. La presse était dans un autre avion et dans d’autres moyens de transport terrestres que les notres. J’ai passe la majorité de mon temps avec l’équipe proche de Nicolas Sarkozy, et les conversations concernaient la préparation de la prochaine intervention ou encore le debrief de la dernière, de l’actualité… Ces conversations étaient tout aussi intéressantes qu’impossible a partager. Le respect et la confiance m’ont impose la confidentialité.
Pourtant j’adorerais le partager avec vous, tout ce que j’ai entendu est très positif et l’équipe du Président est aussi a fond et dynamique que lui ! Un vrai plaisir de les voir travailler. Vous auriez vraiment du voir l’euphorie après le Congres…
Entrer dans la Maison Blanche comme un ami du Président est assez étrange. Je suis entre et j’ai suivi le mouvement, m’imaginant que nous allions voir les deux Présidents sur une estrade au dessus du lot, comme d’habitude. Et la je passe une porte et tombe –littéralement- sur Président Bush et Laura Bush, comme vous et moi. Je me présente. Le Président m’appelle par mon prénom et c’est parti pour une petite conversation sympathique. J’ai suivi le conseil de Dave Winer, pas de controverse juste profiter de l’instant « tu ne peux rien y faire de toutes facons alors profite ! » Il parlait évidemment de la guerre en Irak…
Pourquoi tous les français devraient-ils être fiers de leur President et content que ce voyage soit un tel succès dans l’histoire des deux pays ? Il y aurait beaucoup a dire mais voici deux effets immédiats que je vois. Tout d’abord, c’est bon pour la création d’emplois en France. Eric Schmidt le Président de Google était présent et a rencontre Nicolas Sarkozy. Je suis d’ailleurs allé féliciter Eric Schmidt de nous avoir rejoint et il m’a confie qu’il etait tres content de la presence de Google en France et qu’il comptait la renforcer. Vous préférez que les emplois de Google aillent en France ou en Inde ? Autre effet bénéfique, une meilleure image de la France aux Etats-Unis signifie plus de marches et de croissance pour les entreprises françaises qui y exportent. Désormais base aux Etats-Unis je sais de quoi je parle à ma petite echelle. Les américains ont une tres bonne image des français mais pas tellement du business a la française (35h, greves, etc…). Nicolas Sarkozy a promis qu’il irait au bout des reformes et contribue donc à améliorer cette image ce qui facilite aussi le développement des entreprises françaises aux USA.
De retour en France dans l’avion présidentiel j’ai eu quelques moments intimes de conversation avec le Président, décontractes et très sympathiques comme d’habitude. Bien loin de l’image parfois projetéé dans les medias. Je l’ai félicite, encourage et propose a nouveau mon aide. J’allume la télévision et je tombe comme vous tous sur les grèves et les français qui se plaignent. Comme s’il n’y avait que cela en France. Comme si les journalistes ne s’intéressaient qu’a ca. Je crois que la presse a une immense responsabilité dans le malaise et la difficulte de changer. Ils ne parlent que de ceux qui se plaignent du coup tout le monde trouve cela normal. Aux Etats-Unis, j’entends rarement quelqu’un se plaindre, c’est plutôt « How can I help » et « What can I do for you » l’esprit. Mais je reste positif et quoi qu’il en soit, j’ai passe des moments extraordinaires a suivre notre Président et son équipe. Merci, Nicolas, toujours a ta disposition pour donner un coup de main.
Voyez aussi la video (en anglais)
Et enfin quelques photos du voyage.










