A quoi pense un coureur de marathon ?
Magnifique récit, délicieux à lire, on souffre et on se régale avec l'auteur à chaque ligne. Merci de ce bon moment, je rêve d'en faire de même. Extrait qui ne saurait suffire:
"A quoi pense le coureur de marathon ? Pense-t-il à ses proches, à ses projets ? La douleur fait-elle remonter des souvenirs oubliés ? Suscite-t-elle des hallucinations ?
Non, le coureur de marathon pense à une chose : le prochain kilomètre, et à une autre : les trois ou quatre prochaines foulées, un piquet à éviter, un virage à ne pas rater, et à une autre chose encore : la bouteille d'eau, les fruits secs, le quartier d'orange. Une ou deux fois par kilomètre, peut-être, il s'accorde une pensée privée : un petit souci, par exemple, un souvenir, un visage. C'est un luxe : s'il laissait son cerveau divaguer, sa concentration se relâcherait un instant de trop et il serait obligé de s'arrêter. Son corps ne suivrait plus. Quoi qu'en disent les physiologistes et les anatomistes, le cerveau est un muscle : sa fonction, c'est de tirer à toute force, toujours un peu plus loin, un corps exténué."
Il y a des fois où je me demande pourquoi nous sommes si nombreux à vouloir atteindre ce but ou à l'avoir fait, une forme avancée de masochisme, je ne sais pas mais je sais que je veux le faire.
Quel plaisir, d'après-vous, à vouloir tirer sur son corps et souffrir pendant plus de quatre heures en courant et après le plus souvent des mois d'entraînement ?
photo © Blakeley - FOTOLIA








