Les créateurs d'entreprise priorité pour remettre la France en route
Je viens de lire le dernier livre de Nicolas Baverez, Que faire ? : Agenda 2007. Après Nouveau monde, vieille France (j'avais podcasté longuement Nicolas Baverez sur le déclin), voici un bon concentré de solutions qui m'ont paru très sensées. Nicolas Baverez y fait un résumé des enjeux et problèmes de la France puis tente d'y apporter des remèdes. Impossible de tout résumer ici, je vous recommande vivement de le lire.
J'ai été particulièrement sensible aux passages dédiés aux entreprises:
"Plutôt que de prétendre protéger les entreprises françaises de leurs concurrents ou de leurs erreurs stratégiques, l'Etat devrait cesser de poursuivre leur euthanasie en les accablant de prélèvements fiscaux et sociaux. Plutôt que d'investir à fonds perdus dans des secteurs et des entreprises tournés vers le passé, il devrait concentrer ses interventions sur la préparation de l'avenir. En ciblant en priorité les créateurs et les PME, qui représentent le premier gisement pour la croissance et l'emploi".
Pour Nicolas Baverez, l'environnement des entreprises peut être amélioré de quatre manières:
-simplification et libéralisation de la réglementation (droit du travail et ses 2500 pages contre 14 en 1911, protections excessives de certaines professions de service, ouverture dominicale, administration électronique, systématisation des guichets uniques...).
-un effort en faveur de la stabilité juridique afin d'endiguer la production de nouvelles normes (plus de cinquante lois supplémentaires par an)
-encourager l'implantation des fonds d'investissements (neuf sur dix sont à Londres)
-un plan de relance de l'innovation
La cible prioritaire devrait être les 2,3 millions de PME qui représentent 37% des emplois.
La France crée environ 200 000 entreprises par an mais seules 20% d'entre elles survivent après quatre ans, soit le taux le plus faible des pays développés.
Il faut favoriser les business angels qui ne sont que 4000 en France contre 40 000 au Royaume-Uni et 400 000 aux Etats-Unis.
Aux Etats Unis 19 des 25 plus grandes entreprises américaines n'existaient pas il y a quarante ans, aucune dans ce cas en France.
70% des PME françaises n'ont lancé aucun nouveau produit dans les cinq dernières années
Moins de 25% de ces PME sont présentes à l'exportation.
Pourquoi ne pas s'inspirer d'un Small Business Administration qui avait consenti 45 milliars de $ de prêts et est le premier investisseur des Etats-Unis ?
Pourquoi ne pas instaurer l'équivalent du Small Business Act qui réserve 37% des marchés publics aux PME innovantes ?
Le principal levier de la croissance reste pour Nicolas baverez les entrepreneurs et les cerveaux, bref, les hommes: il faut stopper l'hémorragie des talents mais aussi inverser le mouvement en incitant les jeunes étrtangers à fort potentiel à venir se former et travailler en France.
Il faut concentrer les moyens sur les pôles d'excellence au lieu de les disperser.
J'ai été séduit pas cet excellent résumé de ce qu'il faut faire et j'ai hâte de rencontrer à nouveau Nicolas Baverez pour parler des solutions.








