Saint-Augustin - Concorde - Bercy
En partant de chez moi près de l'église Saint-Augustin je vais toujours courir soit dans le bois de Boulogne, soit au parc Monceau quand je n'ai pas beaucoup de temps. Ce matin je me suis dit que j'allais essayer les quais de Seine, fermés à la circulation à partir de 9h. Je connais bien les quais mais en moto et embouteillés, une découverte de les utiliser comme parcours de running. C'était très agréable vers 9h du matin, plein les yeux: la Seine calme reposait les idées et au hasard de mon regard je passais du Louvre à Orsay, le Palais de Justice. Paris est vraiment une ville magnifique. Même en courant les rencontres sont brèves et sympathiques: les amoureux assis sur un banc, les dingues de roller, les cyclistes, les mamans-roller-poussettes de course, le papa qui court avec ses enfants à vélo (tiens c'est ce que j'aurais du faire) et les inévitables sans-abris installés visiblement pour certains de manière permanente dans les tentes du secours populaire. Ils nous rappellent notre égoïsme et les défauts de notre société. Mais je ne suis pas d'humeur à avoir le spleen aujourd'hui, même si je devrais en regardant les tentes. Je donne presque à chaque fois que je croise un sans-abri mais là ils dorment et je cours trop vite. Je mets le zebramix à fond dans mon ipod et j'accélère. Quarante minutes après La Madeleine, La Concorde et L'Hotel de Ville voici la fin des quais ouverts aux piétons et Bercy aussi imposant que décalé dans le décor du vieux Paris. Je fais demi-tour, je ne me suis pas fait doubler une seule fois à l'aller ce qui est toujours agréable, j'ai horreur de me faire doubler, même si cela arrive bien sûr régulièrement. Et là, baisse violente de moral, deux runners me doublent comme une vieille merde, comme si je reculais. Ce sont visiblement des vrais runners, cela va de la paire d'Asics aux pieds (et pas les Nike à la mode) en passant par la taille des mollets et l'impression qu'ils donnent de ne faire aucun effort. Pourtant ils se baladent à 14 ou 15 km/h, peut-être plus, je n'étais qu'à 11 ou 12, mon standard. Vexé, j'accélère et me colle derrière eux, comme pour profiter de leur accélération. Et là, c'est vraiment dur, aussi dur qu'ils ont l'air décontractés. Mon rythme cardiaque monte fort, je m'essouffle un peu, mais je tiens en me demandant s'ils sont en plein fractionné ou s'ils courent réellement plusieurs heures à ce rythme. Après deux kilomètres environ, ils s'arrêtent enfin, alors que j'étais en train d'appeler ma mère au secours. Je me remets à 11 ou 12 km/h et j'attends que mon rythme cardiaque baisse. Pas de problème retour à la normale juste un peu trempé, je me rends compte à quel point il est impossible de se concentrer sur quoi que soit d'autre que sur l'effort pendant l'accélération. Je redécouvre à nouveau Paris sublime et même un peu ensoleillé, la foule se densifie autour de moi. Je passe par les tuileries pour revenir, croisant un flot de touristes tour à tour japonais ou américains. J'ai bouclé l'aller-retour en environ 1h10, aucune idée de la distance puisque mon Garmin Forerunner a rendu l'âme et ne veut toujours pas revenir de garantie. Pas grave. Je me sens en pleine forme et j'ai rebooté mon cerveau. C'est cool, la course à pied, cela rend heureux. photo, © Olga Shelego - FOTOLIA








