06/01/2006

D'autres points de vue sur DADVSI

Je comprends que mon billet précédent sur ce thème a surpris car il était désordonné (ce que j'avais immédiatement précisé), normal donc que Baiona et Pete, me le fassent remarquer. A nouveau, je fais avec le temps que j'ai devant moi et reconnais volontiers que je me contente de jeter les meilleurs liens que je trouve, faute de mieux. Voici donc ceux suggérés par nos deux amis, qui sont en effet des points de vue différents:

-Lettre ouverte à Monsieur Eddy Mitchell

"criminaliser la copie peut certainement changer la répartition du budget loisir des ménages entre les différents biens culturels, mais cela ne fera pas augmenter l'enveloppe globale depensée par les ménages.
Le public, privé de copie privée, se retrouvera alors culturellement plus pauvre, mais les artistes ne seront pas plus riches pour autant."

Je suis beaucoup moins convaincu par son couplet sur la licence globale, mais lisez toute la note pour vous faire votre propre idée, voici un extrait:

"loin de mettre les artistes aux chômage, la licence globale sur Internet est capable de leur garantir un revenu de substitution plus important que celui obtenu aujourd'hui au bout de longues et exténuantes négociations avec les maisons d'édition.
En d'autre termes, même si tous les internautes qui payent la licence globale arrêtaient complètement d'acheter des CDs et des DVDs, les artistes non seulement ne perdraient rien, mais auraient un bénéfice financier supplémentaire significatif."

DADVSI: Mesdames et Messieurs les députés de Serge Rivron

Mise à jour, je passe peut-être mon temps à m'autocélébrer mais tu vois, je fais même des liens vers ceux qui me critiquent et critiquent le fait que je blogue qu'ils me critiquent.

Technorati Tags:

Comment peux on écrire de tels choses ... je parle du deuxième évidemment !
C'est absurde et idiot.

luro, le 06/01/2006 à 09:29

Merci Loïc d'avoir relayé ma lettre aux députés.

Toi qui a l'air de bien connaître Sarkozy, n'hésite pas à lui envoyer, ça pourra peut-être aider la cause que nous défendons!

cordialement,

Serge Rivron, le 06/01/2006 à 11:24

Oui complètement idiot, puisque aucun montant n'a été fixé, ni même d'étude pour comptabiliser précisément les pertes et les profits des artistes avec cette mesure.
Même si cet argument est faux, la licence globale pourrait toutefois permettre un accès totalement différent à la musique, une sorte de radio universelle. Personne ne se privera d'acheter les cd des artistes que l'on adore, personne n'offrira de cd gravé...
Bref, la musique est téléchargée par des gens qui n'ont pas forcément les moyens, et pour ceux qui peuvent et s'achètent des cd, cela leur permet une "surconsommation" de musique, bénéfique aux artistes grace au bouche à oreille que celà génère. Et cette surconsommation est obligatoirement payante au niveau des concerts grace au sur-public qu'elle apporte.

Je voudrais prendre en exemple la presse écrite, qui subit de plein fouet le média internet, et ce sans aucun doute. Pourtant ils ne diabolisent pas le net ! Il savent l'utiliser, création de blogs, de podcasts, campagne publicitaires online etc. J'aimerais que les maisons de disques réflechissent à ça. Il y a tant de moyens de faire de la valeur ajoutée autrement que par une simple galette de plastique. Pourquoi ne pas soigner l'emballage des cd ? Quand bien souvent on n'a même pas les paroles dans le livret, comment donner envie aux gens de payer pour l'objet physique ?!

Jl, le 06/01/2006 à 11:35

Aujourd'hui la seule raison d'acheter un CD c'est :
1 - la qualité supérieure au mp3 en 192kbps (que seul 30% des auditeurs doivent percevoir)
2 - le packaging... et effectivement ils font de moins en moins d'effort là dessus alors que c'est leur seul atout par rapport à la musique numérique.

Ensuite la musique numérique (ou plutot numérisée ???) a un prix inférieur parce qu'on ne paie pas de package je suppose... Mais surtout parce qu'on a pas à payer de transporteur (puisque le transporteur va être iTMS et qu'il est déja le revendeur)...

Personnelement je ne comprend pas qu'elle est la structure de coût des entreprises qui vendent de la musique en ligne (sous forme numérisée j'entend). Il faudrait peut être qu'il y ait plus de transparence dans tout cela pour qu'on puisse arrêter de parler pour rien dire.

Pierre / Citronjaune, le 06/01/2006 à 12:29

Et non luro, c'est loin d'être idiot si tu lis l'article en entier. L'auteur part du principe que le revenu global de l'industrie s'élève à 1,4 milliards d'euros (le chiffre previsionnel pour 2005), dont seulement 14% reviennent aux artistes soit 196 millions d'euros.
Si la license globale est validée est qu'on décide qu'elle est reversé entièrement aux artistes cela représente une manne de 400 millions d'euros.

Le papier dans libé du PDG de la Fnac représente bien cet état d'esprit. Il est contre la license globale mais dans le même temps, la Fnac va essayer de proposer en 2006 des forfaits illimités. Cela existe deja aux US à 9.95$/mois et en Allemeagne à 9.95€/mois.
Enlevez à ces 9.95€ la TVA, la marge du vendeur et les marges des differents intermediaires et regardez combien il restera aux artistes... beaucoup moins qu'avec une license globale reversée aux artistes.

Ne vous leurrez pas, si les majors sont contre la license globale ce n'est pas pour défendre le droit d'auteur ou le revenu de leurs artistes mais c'est simplement parceque cet argent va leur échapper...

Tout cela avec la complicité du ministère de la culture qui s'est transformé en ministère de l'industrie culturelle.

Franck Mahon, le 06/01/2006 à 13:41

A force d'avoir chaque maison de disque et chaque éditeur qui veut tirer la couverture a soi, on en est arrivé à un système ou l'on propose au consommateur une musique de moindre qualité, vérouillée et dont l'interopérabilité de fonctionnement n'est garantie sur pratiquement aucun matériel.

Apple vérouille son iPod pour qu'aucun autre fichier que ceux issus de l'iTunes music store puisse être lu. La Fnac ne peut pas vendre des fichiers qui fonctionnent sur tous les baladeurs numériques. Le consommateur n'a aucune garantie que quand dans 3 ans son iPod rendra l'âme il pourra continuer a lire ses fichiers DONT IL A POURTANT PAYE LES DROITS D'AUTEUR !!! Cela ne lui permet pas non plus d'acheter un baladeur Sony à ce moment là s'il le souhaite. Cette stratégie est vouée a l'échec car elle nie le droit du consommateur, et est totalement inacceptable. C'est pourtant exactement ce que le gouvernement actuel essaye de faire passer en force, sans rien y comprendre et sans exiger non plus aucune contrepartie des industriels !!!

A mon sens il faut repenser toute la question en mettant au centre le droit du consommateur et l'interopérabilité des fichiers.
Si une loi en faveur des DRM ou de la pénalisation doit être votée, il faut impérativement exiger en contrepartie que les majors et les acteurs technologiques (Microsoft, Apple, etc...) s'accordent autour d'un standard OUVERT, LIBRE DE DROITS et ACCESSIBLE A TOUS (dont linux). Une fois ce standard défini, tout type de baladeur pourra lire tous types de fichiers.
La loi garantirait alors les droits des industriels pour peu que les fichiers soient publiés sur cette plateforme qui a le mérite de grantir également le droit des consommateurs.

Ensuite, si l'on veut utiliser des DRM, voilà la seule méthode qui à mon sens peut fonctionner :

On doit pouvoir fournir au client une licence faite d'une clé numérique UNIVERSELLE et unique, qui fonctionnera sur tous les baladeurs, platines de salons, et qui lui permettra d'écouter les fichiers qu'il a acheté avec cette clef.

En pratique la clé de licence est constitué d'un couple clef publique / clef privée que tous les utilisateurs de cryptage conaissent bien. Une clef publique est visible par tous et sert a crypter le contenu. Une clef privée est strictement personelle et sert a décrypter le contenu.

Le fonctionnement est simple : lors de l'achat d'un fichier, l'internaute transfère sur le serveur sa clef publique. Le fichier acheté est encodé avec sa clef, et lui seul peut désormais lire ses fichiers, où bon lui semble, sur autant de lecteurs qu'il le souhaite, et autant de fois qu'il le souhaite, pour peu que sa clef privée de licence personbelle universelle soit présente sur le lecteur audio matériel (=lecteur MP3)

Pour parer au problème de piratage, un lecteur audio matériel ne pourra pas accepter plus de 8 clefs de licence (une par membre de la famille par exemple). Si quelqu'un veut télécharger des tas de morceaux de musique sur le net que des inconscients mettent a disposition associés à leur clef numérique, il lui faudra tranférer une nouvelle clef dans le lecteur chaque fois qu'il voudra écouter un morceau issu d'une personne différente !

D'une autre manière, si un inconscient balance sa clef numérique avec des morceaux sur le net, sa clef de licence pourra être révoquée et la prochaine fois qu'il voudra acheter des morceaux, on l'obligera a effectuer une demande pour une nouvelle clef de licence.

Les clefs de licence universelles personnelles devraient être gérées et distribuées gratuitement par un organisme public, sur simple présentation d'une pièce d'identité. Les commerçants de fichiers audio n'aurraient aucun droit d'accès aux information personnelles de la clef (quoique on vous demande déja aujourd'hui de saisir tout un tas d'infos perso pour acheter un fichier audio, donc ça changerait pas grand chose !!!)

Lorsqu'un consommateur perd ses fichiers (crash disque) il peut obtenir sans aucune facturation additionelle une copie de tous les fichiers qu'il a déja acheté, sur simple présentation de sa clef personelle universelle, puisqu'il a déja acquité les droits !

La seule contrainte de ce système est que le consommateur doit conserver précieusement une ou plusieurs sauvegarde de sa clef universelle pour faire valoir ses droits. Quant bien même il la perdrait, il pourrait obtenir un copie de sa clef auprès de l'organisme public de certification sur simple présentation de sa pièce d'identité.

Si le système était tel que je le décrit, alors je serais d'accord pour utiliser les DRM, car non seulement la contrainte est faible, mais en plus dans certains cas (fichiers audio perdus) cela me permet de faire valoir mes droits.
Dans le cas contraire, messieurs des majors, vous pouvez aller au diable !

Alban Cousinié, le 06/01/2006 à 15:55

> Pour Franck (Mahon)

Bien lu tes arguments et bien lu d'autres articles, pour autant je continue de penser ce que j'ai écris. Je précise mon point de vue :
- Je suis absolument pour le principe qui est derrière la licence globale : le droit à la copie privé et le soucis de ne pas gacher ce merveilleux outil qu'est le net. (je suis d'ailleurs radicalement contre le projet de loi initiale DADVSI)

Mais comment peut on une seconde croire qu'un modèle de redevance de ce type pourra faire vivre et nourrir des artistes, des professionnels passionés, des petits labels ... je suis atrocement indépendant (voir anarchiste d'une certaine façon) et je crois que c'est une énorme erreur de se baser sur un modèle "globalisé" ou l'argent va à un état, un monopole, un géant des tuyaux ... et je n'ose même pas imaginer la complexité du reversement !

Je rêve d'un modèle ou le disquaire indépendant d'hier puisse trouver sa place sur le net, et en vivre.

luro, le 06/01/2006 à 19:20

Je réagis au commentaire d'Alban, très intéressant (et dont je partage les grands points)

Aujourd'hui les systèmes de DRM ne fonctionnent pas précisément comme tu le dis. Le fichier Audio est encodé une seule fois et pas à partir de clefs unipersonelles. M. X et M. Y disposent du même fichier encodé crypté, au bit prés ! La différence est dans la licence qui leur est émise, chacun disposant de sa propre licence.

luro, le 06/01/2006 à 19:29

Comme dans la société des personnes sur jambes
la société de la musique va finir par coûter beaucoup plus cher aux usager
en police (tiens on vient d'inventer une nouvelle réponse fonctionnelle à un problème spécifique !) c'est à dire en coût sans rapport réel avec le produit
qu'en lien direct avec ce que ce produit est.

Quand je faisais de la musique sur Atari
même ceux qui possèdaient un logiciel original (Pro24 par exemple) utilisaient la copie déplombée
elle au moins on était sur qu'elle était à peu prés propre
et qu'elle fonctionnerait.

Le piratage (ou ce qui est appelé ainsi bientôt tu ne pourras plus préter ce qui t'appartient ... tu ne seras plus que l'utilisateur exclusif d'un service) ne peut être éradiquer (le mot à la mode ... encore une idéfix des "sans cognition chaude" ) qu'au prix de dépenses qui iront en croissance exponentielle.

Le vol n'est une activité marginale que dans certaines conditions.

Il est clair que
si le meilleur produit devient le produit craké
que les modalités d'utilisation de ce que l'on achète deviennent trop restrictives
et que l'écart entre la valeur que le "consommateur animé d'un puissant désir pour le produit" et le prix que fixent les majors est trop important
...
la plus grande partie de ce que paiera le client servira à faire tourner la protection et la repression.

Pour sur
les nouvelles propositions (licence globale par exemple) ne facilitent pas la massification des achats (si commode par exemple pour la pub et la mise en place des cycles de vente et de mort d'un produit ... on tient ainsi l'artiste aux ... lieux sensibles)

qui pleurera cela ?

Le bateleur, le 06/01/2006 à 22:42

Et l'hôte de ce lieu malgré tous ses défauts, a la qualité de les reconnaître.

Belle mise à jour ... ;o)

Ken Adams adore les gens honnêtes, le 07/01/2006 à 03:13

Magnanime hypocrisie.

Oui, Mr Le Meur est magnanime. C’est du moins ce qu’il tente de nous faire accroire. J’en veux pour preuve son gentil commentaire sur le blog Baiona. Qui plus est, il ne manque pas de le faire remarquer dans « une mise à jour » (mise au point ?) sur son blog perso à la suite de son article « D'autres points de vue sur DADVSI ». Pathétique ?! Voire… Cette petite phrase à la façon de « c’est celui qui dit qui y est, na ! » montre à quel point ce monsieur est sensible à la critique. Dites moi Mr Le Meur, vous avez des miroirs en bois à la maison ? C’est étrange mais votre discours en passe toujours par Vous. On appelle cela, si je ne me trompe, tirer la couverture à soi. Se montrer à son avantage. Alors c’est ça Loïc Le Meur ? Zéro défauts ? Propre sur lui et bien pensant ? Toujours sur la brèche, à la pointe de l’actualité, qu’on parle bien de Lui. De Son univers, Sa blogosphère. Quid de l’esprit critique ? Vous me faites l’effet de ces champions de rhétorique qui à force de s’écouter parler se perdent dans leurs discours. Vous pourriez faire mieux. On attendait tellement plus de vous. Dommage de galvauder votre talent. Vous n’aidez pas les causes que vous vous targuez de défendre. La seule promotion que je vois sur votre si joli blog n’est que la votre et celle des grands que vous flattez, des produits de consommation que vous utilisez. De plus, sous prétexte de faire passer des infos supplémentaires vous réglez vos comptes sur un mode soft mais néanmoins réel (cf mise à jour, j’en passe et des meilleures…). On appelle cela de l’hypocrisie. Avoir la franchise de ses positions quitte à encourir la vindicte, voilà ce que j’appelle le respect de la liberté de pensée. Sachez monsieur que bien qu’en désaccord avec vos procédés et parfois vos opinions, je me battrais, comme disait Voltaire, pour que vous puissiez vous exprimer. Ici ou ailleurs vous êtes le bienvenu au nom de principes qui vous sont peut être étrangers. Vos propos ne seront pas détournés. Pas censurés. Pas interprétés. Reste à vous d’être clair. Une ligne de conduite s’impose cher monsieur lorsqu’on veut être entendu par d’autre que ceux de sa caste.
Enfin, et uniquement dans le but de n’être point accusé de lâcheté voire de traîtrise je me permets de vous poster in extenso ce petit billet d’humeur que vous avez si « candidement » provoqué. Libre à vous de le publier….ou non.

Pete, le 07/01/2006 à 11:45

A lire toutes ces positions, on se demande bien comment vivaient Chopin, Liszt et leurs auditeurs à leur époque ...

Pierre, le 08/01/2006 à 21:44

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

« #152 (audio) Podclash3 avec Thomas Crampton | Accueil | Invité au Journal sur iTELE ce soir 20h10 »

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/14060/3982092

Voici les sites qui parlent de D'autres points de vue sur DADVSI:


Abonnez-vous à ce blog par email





Mon activité sur Internet

Suivez-moi sur FriendFeed

Nouveau sur ce blog ?

Bienvenue sur mon blog. Je suis un entrepreneur et blogueur. Pas encore diplômé, c'est sur le campus HEC en 1996 que j'ai crée ma première entreprise. J'en suis aujourd'hui à la cinquième, Seesmic. Voici ce que TechCrunch en dit. Je vis a San Francisco pour lui donner le plus de chances possible de réussite.

Vous pouvez me suivre tous les jours en vidéo sur loic.tv, plusieurs fois par jour en style SMS sur Twitter, je poste aussi mes photos sur flickr.

Enfin, j'organise LeWeb3 à Paris tous les ans, conférence qui regroupe plus de 1000 blogueurs et entrepreneurs pour discuter de l'avenir du web.

Pour en savoir plus sur moi voici une bio plus complète, mon profil LinkedIn et mes pages Wikipedia en français et en anglais qui font souvent néanmoins l'objet de modifications ne reflétant pas vraiment la vérité, mais c'est le principe.

Vous pouvez vous abonner aux flux RSS du blog en français et en anglais et du podcast vidéo

Dernière photo envoyée

 
Abonnés FR
Subscribers EN
Twitter Followers
TwitterCounter for @loiclemeur
Flux RSS Vidéos

Abonnez-vous au podcast, c'est gratuit !

 Ajoutez moi sur ...