14/05/2005

La France peut-elle aimer ses entrepreneurs ?

Dominique Dambert et Didier Adès m'ont invité à participer à l'émission diffusée ce matin sur France Inter, rue des entrepreneurs, pour réagir sur le retrait du projet de musée d'art contemporain de François Pinault dont j'ai parlé sur mon blog.

J'y commente les commentaires négatifs que j'ai lu sur le blog de Thierry ou sur ma note. Je suis bien conscient que je me suis concentré sur le mauvais esprit qui règne en France vis à vis des entrepreneurs, j'aurais peut-être du parler de solutions, mais j'avoue que je les vois assez mal.

Merci Dominique et Didier, petite remarque Six Apart n'est pas un produit français contrairement à ce qui est dit à la radio mais vous aurez corrigé de vous même.

J'ai trouvé l'émission très intéressante, voici les autres invités de l'émission:
François Benhamou (Université Paris I)
Henry Dougier, (Editions Autrement)
François Dupuy (Mercer Delta France)
Ander Landaburu (El Pais)
Jack Lang
Jacques Rigaud (Admical)

Le passage concernant les blogs est à environ 24 minutes.

Quelles solutions pensez vous que nous pouvons trouver pour qu'il y ait plus d'entrepreneurs en France et que le milieu soit moins hostile ?

Bonne surprise et belle prestation ce matin ! Je ne pensais pas que France Inter avait déjà entendu parler des blogues, mais tout arrive :-)
A l'évidence, pour celui qui a envie de lancer son affaire, l'émission de ce matin l'aura découragé d'aller ou de rester en France. Les trois dernière minutes sur le statut de la fonction publique comparable au mur de Berlin était vraiment saignantes, et sur une radio publique pourtant !
Ta présence dans cette émission tombait à point pour donner un point de vue moins primaire que l'éternelle confrontation "grand patron français" contre "syndicaliste bolchevique". La France ne pourrait-elle pas tirer un avantage compétitif à remettre en cause une partie de sa culture politique et administrative tout en en conservant les bons côtés (protection du patrimoine national, règles sociales, etc.) ???

Renaud, 14/05/2005 at 14:08

Que le législateur aide réellement à la création d'entreprise au lieu de proposer des demi-mesures. Par contre, étant moi-même à la tête d'une petite structure, je ne connais personne de mon entourage qui soit hostile... bien au contraire. Il y a que sur ton blog que je lis autant de commentaires négatifs sur le sujet... et je me demande bien pourquoi ;-)

Philippe, 14/05/2005 at 14:10

Pour favoriser l'entreprenariat : un peu moins de charges et contraintes, non ?

Pour favoriser l'acceptation des entrepreneurs : qu'ils se la pètent moins et que la sélection naturelle permette de bouler les plus nuls (ce n'est pas toujours le cas, faut que je fasse un billet là-dessus un de ces jours).

PH, 14/05/2005 at 16:11

Je pense que tu fais un amalgame. La France ne déteste pas ses entrepreneurs mais certaines personnes n'avalent pas le discours nullifiant de certains entrepreneurs.

karl, 14/05/2005 at 16:45

Comme le confirme une note du Commissariat général du Plan parue il y a plus d'un an, dans les pays de l'OCDE ce sont les firmes jeunes qui tirent la croissance et donc l'emploi.

Mais ces jeunes sociétés n'arrivent pas à se développer en France.

Des raisons, certaines intrinsèquement françaises, d'autres communes aux pays européens, les plus "vieux" surtout, comme la France et l'Allemagne, semblent bloquer le développement de firmes innovantes.

Les mesures mises en place sont quasi systématiquement détournées.


Ainsi en est-il des fonds communs de placement innovation. Lancés à la fin des années 1990, ils devaient drainer l'épargne des particuliers pour l'investir dans de petites sociétés innovantes. En échange du risque pris, les investisseurs bénéficient d'avantages fiscaux.

Mais, pour de multiples raisons (entre autres, l'éclatement de la bulle Internet), les performances de ces fonds se sont avérées très médiocres, et les gérants cherchent désormais à minimiser les risques en investissant, non plus dans des start-up mais dans des firmes plus matures, de plus grande taille et situées sur des secteurs ayant déjà fait leurs preuves.

On observe la même démarche du côté des compagnies d'assurances. Elles s'étaient engagées, le 7 septembre 2004, auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'économie, à porter en 2007 à 2 % de l'ensemble de leurs actifs la part consacrée aux investissements dans les entreprises non cotées. Cela représenterait 6 milliards d'euros supplémentaires pour des entreprises en principe innovantes.

Mais, pour l'instant, les fonds consacrés au non-coté par les assureurs n'ont guère augmenté et ils semblent avoir davantage profité à des entreprises traditionnelles, dans le cadre d'opérations de LBO (leverage buy-out, ou acquisitions par endettement, dites par effet de levier) qu'à des PME innovantes.

***Le système financier n'assure pas la fluidité nécessaire.***

Car les banquiers et investisseurs, frileux, le sont d'autant plus qu'ils ont pu aussi constater que, lorsqu'un investissement avait été judicieux, il leur était très difficile de récupérer leur mise, faute de pouvoir céder leur participation dans de bonnes conditions. La création d'Alternext, Bourse dédiée aux petites entreprises et qui doit ouvrir le 17 mai à Paris, pourrait décoincer le système. Mais le fait qu'aucun avantage ne vienne inciter les investisseurs à acheter des parts de sociétés cotées sur cette place (comme à l'Alternative Investment Market de Londres) risque fort d'en limiter la portée.

***Les grands groupes freinent plus qu'ils n'aident le développement des petites sociétés technologiques.***

Ces dernières éprouvent les pires difficultés pour convaincre les acheteurs de grandes entreprises françaises de leur faire confiance. Nombreuses sont celles qui n'ont pu décrocher leur premier contrat dans l'Hexagone qu'après avoir fait leurs preuves de l'autre côté de l'Atlantique, voire en Asie.

Aux Etats-Unis, la loi du Small Business Act, qui impose aux administrations de confier 23 % de leurs achats à des PME, a fait tâche d'huile auprès de tous les acteurs économiques.

En outre, les subventions publiques sont, elles aussi, concentrées sur les grands groupes. Selon certains, l'Agence de l'innovation industrielle, très influencée par le corps des Mines, risque d'amplifier ce phénomène.

***Les PME innovantes ne sont pas représentées au gouvernement, ni dans les principales institutions.***

Le ministère délégué aux PME ignore les problèmes spécifiques des PME innovantes. Il en est de même dans les organisations professionnelles, comme la Confédération générale des petites et moyennes entreprises. En conséquence, les mesures prises, souvent, ne le sont pas à bon escient.

***L'éducation privilégie également la conformité au modèle traditionnel.***

L'imagination est peu valorisée. Et, au niveau de l'enseignement supérieur, le découpage par discipline bride une créativité qui naît bien souvent de la rencontre de spécialistes de domaines très différents.

***Ces cinq raisons se confortent les unes les autres : les mesures incitatives sont détournées parce que les investisseurs sont frileux.

Et ces derniers le sont parce que la croissance des start-up n'est pas assurée.

D'autant que les grands groupes les freinent dans leur élan.

Et le système n'a guère de chances de changer, puisque les institutions n'ont pas les PME innovantes dans leur angle de vision.

Le cercle est décidément vicieux. Le chômage français (11% depuis 3 ans) laisse sur le carreau des quantités de haut potentiel, divers et créatifs qui préfèrent créer ailleurs qu'en France ou la frilosité est la règle.

gordon from danemark, 14/05/2005 at 17:06

"Quelles solutions pensez vous que nous pouvons trouver pour qu'il y ait plus d'entrepreneurs en France et que le milieu soit moins hostile ?"

Un exemple d'en haut : Sarkozy 2007 ?

Stéphane LEE, 14/05/2005 at 17:44

Comme disait un reportage récent d'Arte sur la Chine : " Vous les français vous avez des idées mais pouvez pas les mettre en oeuvre et nous c'est contraire ....".

Après un an de création, la pilule est amère et je regrette la banque d'affaires malgré les horaires. Clients qui payent mal, charges ..., banque pas compréhensive, etc

Trop de choses à changer pour devenir un terre d'entrepreneurs comme on dit.

Et puis il faut dire que ça n'intéresse pas grand monde, ça fait peur à votre famille, vos amis vous voient comme l'aventurier du groupe qu'il vaut mieux encourager maintenant qu'il n'a plus le choix (et oui essaie de revenir au salariat petit candidat atypique, et j'en parle pas si ton projet s'est planté).

En résumé comme disait l'un de mes amis quand j'avais les yeux pleins d'étoiles au début de la création, heureux de voir un texte enfin utile avec la Loi Dutreil "tu veux que tout le monde crée sa boite, t'es fou tu veux faire des morts!"

NB : c'est une note postée à la fin d'une dure semaine, par une journée pluvieuse. Vivement le soleil!

samuel, 14/05/2005 at 18:04

La France est un superbe pays qui a une capacité incroyable à se tirer des balles dans le pied collectivement. Notre système de valeurs collectives est réfractaire à l'innovation, au changement.

Notre concept d'avantages acquis, par exemple, est l'inverse de la vie. En Chine, cette idée fait éclater de rire 1,2 milliard de personnes !

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-648883,0.html

gordon from danemark, 14/05/2005 at 18:10

Complétement d'accord Gordon !

En fait, ce que je tire de mon expérience d'entrepreneur c'est une ENORME admiration pour ceux qui ont créé, réussi, vendu, et recommencé ici ! n'est-ce pas Loic ...

On pourrait faire un bon sujet de philo "L'acte d'entreprendre est-il un acte sacrificiel ?" ou encore "L'entrepreneur, le gladiateur des temps moderne ?"

Creaturi te salutant

samuel, 14/05/2005 at 18:19

Pas d'accord concernant les avantages acquis (Ok, trop long à expliquer en trois mots qui pourraient convaincre les entrepreneurs usés que vous êtes (Samuel surtout)). Alors je vais faire nul comme d'hab en attendant de pondre un article sur lequel vous pourrez baver en vous frottant les mains de plaisir :

1/ si vous souffrez de votre profession, êtiez-vous réellement prêt,

2/ est-ce parce que vous êtes en situation d'échec qu'il est nécessaire de décrier les autres,

3/ si la Chine vous attire tant que cela, pourquoi ne pas y migrer (attention, je ne dis pas y installer un bureau, aller y vivre. Après tout, l'ambiance vous conviendrait mieux, enfin c'est ce que je comprends de vos dires),

4/ il semble que certains entrepreneurs le soient car ils étaient incapables de bosser en équipe, c'est le cas pour vous ?

PH, 14/05/2005 at 19:12

pourquoi dites-vous que les français n'aiment pas les entrepreneurs ?

moi, par exemple, mon boucher et mon boulanger je les adore !

ça n'a pas l'air d'aller très forts dans vos épiceries...

tao, 14/05/2005 at 19:25

cher PH,

je ne suis pas usé, rassure toi.
ni en situation d'échec, tu peux me croire
et prêt comme pas deux ..

je voulais juste dire qu'il y a un monde entre les discours officiels sur la création et la pratique. en d'autre termes je ne fais que démythifier la création.

c'est beaucoup plus dur qu'il n'y parait de l'extérieur ... mais il y a bien sur beaucoup de plaisirs, ce dont je n'ai pas parlé dans mon post précédent qui aurait pu être plus nuancé..

mais je ne sais pas si parle à un entrepreneur ou non

en tout cas je suis content d'échanger avec toi !

samuel, 14/05/2005 at 21:16

samuel :

ça m'ennuie que tu dises que c'est plus difficile qu'on ne le croit, car je passe mon temps à expliquer que c'est moins difficile qu'on ne le pense généralement. Le seul problème à vrai dire c'est que dans notre beau pays c'est *rendu* maladroitement difficile.

"aider" les créateurs est complètement hors sujet. ces assistances sont complètement contradictoires avec la démarche de création. si l'on vous aide lorsque vous créez votre entreprise, quand exactement cesserez-vous d'avoir besoin d'être aidé ?

l'Etat peut probablement utilement jouer un rôle de haut niveau, principalement de mise en place d'infrastructures, mais au delà c'est vraiment du gaspillage.

pour répondre à la question de Loïc, je crois que tu vois le problème par le petit bout de ta lorgnette. le problème des entrepreneurs fait partie d'un tout. un publicitaire lui a donné un nom. ça s'appelle la société de défiance généralisée (cf. Google).

tu es entrepreneur, donc tu te sens déconsidéré, mais chacun dans son secteur a cette même sensation. le salarié se sent déconsidéré par les actionnaires et les dirigeants. le politique par ses électeurs. le fonctionnaire par le non fonctionnaire. le professeur par ses élèves. les avocats par les juges. le journaliste par le lecteur/blogeur. les juges par ceux qu'ils sont censés représenter (les Français). et inversement. et surtout entre eux. alors que le système français a longtemps fonctionné par opposition entre blocs, qui avaient au moins le mérite de souder certains groupes entre eux.

le problème de l'amour des entrepreneurs est celui du troisième terme de notre devise - fraternité - qui ces jours-ci m'a tout l'air d'être un mot creux.

lionel, 15/05/2005 at 07:00

Lionel, je suis entierement d'accord avec toi, un entrepreneur ne devrait pas avoir besoin d'aides (enfin, utilisons plutot le mot assistanat), c'est le principe meme de l'entrepreuneur.
Mais je prendrais comme exemple le discours d'un prof en ecole de commerce qui nous avait dit a peu pres ceci:
"Exemple, les conducteurs de camion qui sont leur propre patron, ne veulent pas que l'Etat leurs prennent la tete avec ses impots,... et d'un autre coté dès qu'il y a des problemes comme une hausse du prix du petrole, ses indépendants demandent de l'aide de l'etat", selon lui ils étaient arrivistes et incohérents.

Sauf que voila, les impots, les charges, les complications administratives, l'immobilisme contractuel des CDI et autres,... les entrepreneurs l'ont tout de meme, donc bien sur les patrons ne devraient pas avoir besoin d'aides.... mais seulement si le systeme e-s-tatique n'etait pas aussi present.

Pour ce qui est des solutions pour que les gens apprecient les entrepreneurs.... et bien tout d'abord il faudrait que :
- les politiques essayent de faire en sorte que la culture du travail ne soit plus un péché, comme par le biais des 35 heures,...
- les politiques arretent de se meler de choses qui ne les concernent pas, comme les salaires des patrons, le jour ou les patrons devront reguler leurs salaires d'apres une loi, cela sera le jour ou beaucoup d'entre eux partiront, et cela prouvera une fois de plus notre lourdeur e-s-tatique, une entreprise privée n'est par définition pas une entreprise régulée par l'etat.
- les syndicats arretent de toujours mettre tous les patrons au meme niveau (petit et grand) et qu'ils soient moins, bcp moins, extremistes,
- certains patrons (bon ca j'avoue c'est pour essayer d'etre neutre) arretent de profiter de leur situation et de mener une politique manageriale trop extremistes (mais bon cela est-il une cause ou une consequence ?).

Bref que chacuns se remettent en question, et eventuellement que les francais comprennent qu'etre riche (financierement) ne peut etre considéré comme une tarre.

steph, 15/05/2005 at 09:40

Je passe par hasard sur ce blog, dont je ne devrais pas rester un commentateur frénétique. J'ai un parcours personnel et professionnel fort éloigné du monde du risque et de l'entreprise. Une simple réflexion au vu de la question : y répondre sous-tend d'admettre le postulat qu'on a besoin de plus d'entrepreneurs en France. Or je n'ai tout simplement pas d'opinion sur la question ; il faudrait d'abord pourquoi on m'explique
* pourquoi il est souhaitable que la production augmente en France
* à supposer qu'on m'en convainque, pourquoi il est souhaitable que cette augmentation de production soit effectuée dans des entreprises
a) dirigées par des entrepreneurs entrants (plutôt que par une extension de grosses entreprises déjà existantes)
b) dirigées par des entrepreneurs résidant en France

Georges K., 15/05/2005 at 09:54

commentaire pertinent de Georges K...

>STEPH
Que voilà de bien bonnes idées pour que les gens apprécient les entrepreneurs !!! Franchement pété de rire
alors je résume
1/ culte du travail, casser les 35 heures
ça démarre fort - ne pas confondre travail et activité - sinon renseigne toi un peu sur le monde du travail justement...
j'ai pendant 3 ans géré une boîte en étant aux 32 heures, ça ne m'a jamais posé de pbms, bien au contraire !
2/ interdiction de se méler des rémunérations des "patrons"
là tu confonds entrepreneur et patron - rien à voir - sinon c'est sur que l'affaire du PDG de Carrefour parti avec la caisse ça va faire aimer l'entreprise aux français - tu associes patron à entrepreneur à gros salaires - c'est débile - informe toi aussi sur corporate governance et sur RSE ... par ailleurs un artisan est aussi un entrepreneur

portnawak

tao, 15/05/2005 at 10:28

Bonne question et bon débat : moi je m'étonne surtout que ce sujet ne soit pas au coeur de la campagne pour la présidence du Medef. Après tout, ils élisent le successeur de Seillière dans quelques semaines...

BV, 15/05/2005 at 12:17

Tao> Remballe ton aggressivité SVP.

- Concernant les 35 heures, je te parle bien des petites entreprises, quand je parle de problemes (mon pere a été artisan pendant 30 ans, et ma mere a repris cela fait 2 ans), donc le monde de l'artisanat, je pense que je le connais. Les 35 heures ont posés un vrai probleme au sein de leur entreprise, augmentation des heures de travail de mes parents (60 a 75 heures environ), perte de clients du au fait qu'ils ne pouvaient plus repondre a certaines demandes,...

Mais merci de ta "grande et longue" connaissance du métier d'entrepreneur. Des patrons aux 32 heures, il n'y en a pas eu beaucoup, a part les faignants qui ne dirigent plus d'entreprises du au fait qu'ils se sont plantés.
Donc toi tu as dirigé une entreprise aux 32 heures durant 3 ans, raconte moi çà... Tu l'as conservé pendant 3 ans (meme pas aller jusqu'au 5 ans), donc il est certain que tu n'as pas rencontré les vrais problemes des entrepreneurs et tu te considère ainsi, toi aussi tu es assez drole dans ton genre. Combien as-tu eu de salariés (en général ceux qui parlent comme toi, n'ont jamais eu de salariés, donc dans ce cas j'arrete la discussion...) Et selon toi les 32 heures ont été bénéfiques pour toi, donc si je te comprends on aurait pu reduire encore plus, tiens on va mettre 2 heures par semaine, comme çà les salariés seront encore plus productif (excuse moi, mais çà c'est du discours de non connaisseur absolu, et qui n'a jamais dirigé une entreprise).

Merci encore de ton analyse très poussé, selon toi Daniel Bernard est "parti avec la caisse" ???? Superbe analyse, j'argumenterais pas. Tu peux juste me dire ou en etait Carrefour a son arrivé, ou en est-il aujourd'hui, combien de personnes vivaient a l'epoque grace a Carrefour et combien aujourd'hui vivent grace au mechant-pas-beau-vilaint Daniel Bernard ???

Donc je ne confonds pas les grands patrons et les artisans, mais comme tu le dis les 2 sont des entrepreneurs donc je parle des 2. Le probleme c'est que les jeunes d'aujourd'hui considerent tous les patrons pareil, comme des gens qui gagnent beaucoup d'argent en les exploitant. Vas-tu encore me dire que tu connais tout les jeunes et que c'est faux, j'attends ta belle reponse et je te presenterais des jeunes pour que tu vois un peu mieux ce dont je parle.

Merci beaucoup monsieur le grand entrepreneur qui a l'air de connaitre parfaitement le monde qui entoure les entrepreuneurs. Au fait tu vis dans quel pays ??? la France c'est pas comme ton pays imaginaire ou un peu trop basé sur ce que disent les médias.

Cordialement,
Stephane

PS: je viens de lire ton webblog, je comprends mieux ton discours, il faut reelement que tu me parle un peu plus de ton entreprise.

steph, 15/05/2005 at 15:02

Je me suis un poil emporté du au commentaire primaire de Tao, donc je n'ais pas repondu a quelqu'un de plus posé qui pose des questions intelligentes. De ma maigre vision voila comment je te reponderais :

>pourquoi il est souhaitable que la production augmente en France
-> 2 axes : etre a egalité avec le reste du monde qui n'arretera pas sa production si nous, nous l'arretons, et par consequent pouvoir avoir la meme force sociale, economique, politique,.. dans les choix de l'avenir de l'humanité. Ensuite tout simplement car le pouvoir d'achat baisse et si l'on ralenti encore la production il coontinuera a baissé.

>pourquoi il est souhaitable que cette augmentation de production soit effectuée dans des entreprises
-> Je suppose que tu veux dire "entreprises privées" par "entreprise", je te reponderais tres simplement qu'il n'y a qu'a voir ce qu'il s'est passé dans les pays qui ont gérés leur production par le biais de l'Etat (Chine, Inde, Russie, Afrique,...) Dictateurs au pouvoir, pauvreté absolue. Evidence meme d'un pays qui est integralement dirigé par une seule personne, ou un seul groupe de personnes ayant le pouvoir economique, social, et surtout militaire entre les mains.

a) dirigées par des entrepreneurs entrants (plutôt que par une extension de grosses entreprises déjà existantes)
-> le probleme des extensions de grosses entreprises existantes sont evidentes, lutte contre les monopoles. Avec comme exemple, Microsoft, les entreprises publiques,... qui imposent au peuple leurs prix, leur conditions,... sans que celui-ci est le choix, finalement il accepte ou... il accepte. Les monopoles tuent le choix par definition, donc la diversité. C'est comme si on disait demain, il ne devrait exister qu'une race, qu'une religion, qu'une maniere de s'habiller, qu'une facon de penser,...

b) dirigées par des entrepreneurs résidant en France
-> Je rapprocherais cette question a la precedente finalement, la pluralité geographiques des offres, permet d'avoir le choix, donc de vivre dans un monde diversifié, donc quelque part "pourquoi pas en France ?".

Cordialement,
Stephane

P.S: Tao, n'hesite pas a me raconter ta "pseudo" vie d'entrepreneur imaginaire, je suis assez pressé de te lire.

steph, 15/05/2005 at 16:25

Eh bien, c'est houleux ce thème ... Sympa

Il y a un mérite, c'est de gratter sous les lieux communs médiatiques sur l'entrepreneuriat

C'est vrai qu'hier j'ai fais une note très négative

Je dirige une société de dix-sept personnes, première privée dans son domaine en France. Une offre originale qui a permis de trouver et d'ouvrir un marché.

Ce que je voulais dire hier est que créer quelque chose de neuf demande une énergie inimaginable et c'est aussi beaucoup de plaisir, pour sûr. C'est également un grand huit psychologique même pour les coeurs les plus accrochés. Les américains l'ont tellement bien compris qu'ils ont créé la Economic Psychology (je vous conseille à ce propos le cahier l'Art d'Entreprendre sur le site des Echos qui parle du saut entrepreneurial - article intitulé Psychopatologies entreneuriales)

Donc je ne suis pas en train de vouloir décourager quiconque, mais je trouve intéressant de présenter l'acte d'entreprendre sous ses deux facettes - ce que je n'ai pas fait hier .. - les joies, les grands bonheur et les coups durs, seul pour trouver la solution qui assurera la survie de la société.

Le sens de mon discours est que je prends les français - et les bloggeurs !!! - pour des adultes qui peuvent entendre une vérité moins simple que l'encouragement médiatique.

Avant de me jeter à l'eau, j'ai rencontré l'un des grands entrepreneurs français, fondateur de l'une des SSII française. Et bien il a trouvé mon idée valable mais m'a surtout mis en garde sur le fait qu'il avait lui meme mangé de la vache enragé pendant trois ans, et finit par réussir bien plus tard.

Cette discussion m'a permis de tenir dans plus d'un moment difficile. D'autant que ça m'a confirmé que la passion et la tenacité sont indispensable pour avoir une chance de réussir.

Pour revenir sur la notion d'aide / assistanat, je crois qu'il y a quelque chose de vraiment utile c'est le coaching ou accompagnement par un parrain chef d'entreprise (cf - Réseau Entreprendre). Non pas que le créateur n'y arrive pas n'étant pas à la hauteur et a donc besoin de se faire aider, mais l'expérience d'un ainé qui a connu les mêmes problèmes peut-être très utile pour gagner du temps : ex. je cherche du prêt, j'ouvre mon capital, comment face au mieux à une question de financement ..


samuel, 15/05/2005 at 16:29

Le problème n'est pas que le pays aime ou pas les entrepreneurs. Je suis entrepreneur, mais pas pour qu'on m'aime. Je l'ai choisi, avec les + et les -. Je déteste pleurer. Le problème, c'est simplement (si on peut dire) qu'il faut plus d'entrepreneurs. Ceux qui ont beaucoup voyagé savent qu'il n'y a pas de pays idéal (bien vu PH, le coup de la Chine).
C'est donc à chacun de nous, systématiquement, d'encourager l'entrepreneuriat. Partout où je vais, et à qui veut l'entendre, j'explique qu'il n'est pas plus difficile d'entreprendre en France qu'ailleurs, n'en déplaise aux pleureurs professionnels. L'entrepreneuriat c'est dur, très dur même. Mais y a-t-il mieux dans la vie comme job?
Les banquiers sont timorés? Bien sûr. L'administration rigide? Bien sûr. Les clients pénibles? Of course. Le sont-ils plus qu'ailleurs? Je ne pense pas. J'ai dirigé une petite entreprise aux Etats-Unis, et croyez-moi, remplir la feuille d'impôts là-bas est impossible sans une personne spécialisée à plein temps.
Au travail.

Philippe Silberzahn, 15/05/2005 at 19:32

>Stéphane

je pense que tu fais un vaste amalgame entre patrons, entrepreneurs, richesse - je ne sais pas pourquoi tu imagines ou sous-entend qu'un entrepreneur est forcément riche (financièrement)

fondamentalement, nous ne pourrons pas nous comprendre vu que je considère que la décroissance est une issue de secours, à priori incontournable à terme. Tu comprendras que ton discours productiviste et de compétitivité à tout crin me passe un petit peu au dessus de la casquette.

STEPH>"Tu l'as conservé pendant 3 ans (meme pas aller jusqu'au 5 ans)"
humm je vois... j'ai mal fait c'est ça ? un entrepreneur qui "échoue" est mauvais ? (et ça prétend être pour l'entrepreuneuriat...)

STEPH>"P.S: Tao, n'hesite pas a me raconter ta "pseudo" vie d'entrepreneur imaginaire, je suis assez pressé de te lire."
si tu veux savoir j'ai créé quatre entreprises, participé à la création d'une dizaine autres - aujourd'hui je suis journaliste et photographe freelance


tao, 15/05/2005 at 20:15

Sylvain,

J'ai beaucoup aimé ton intervention ...

Une question puisque tu as expérimenté la création aux US d'après ce que je comprends.

Si j'ai capté, tu dis qu'ici où là, un entrepreneur est un entrepreneur, et donc quelle que soit les conditions s'il doit réussir il réussira et si il doit échouer il se plantera ..

Sans vouloir faire de provocation, comment expliques tu qu'il y ait si peu d'entrepreneurs comparés à des pays comme les US, l'Inde ou la Chine chez nous .. ca doit quand même dépendre du "paradigme économique français" si on fait l'hypothèse qu'on est ni plus bêtes ni plus fainéants que les autres.

samuel, 15/05/2005 at 20:46

Pourquoi tu t'inquiètes Loic ?? SI le OUi passe comme tu le souhaites, il n y aura pas à faire de statistiques sur la FRance mais sur l'Europe donc le pb de cette région de l'Europe qu'est la France aura disparu.. Est-ce qu'on parle du peu d'entrepreneurs dans la Creuse ou dans la Maurienne ??
C'est dingue comme certains partisans du OUI continuent de raisonner France France France..

Pierre, 15/05/2005 at 21:10

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