Les entrepreneurs et les business angels font des erreurs tous les jours, c'est juste normal
Un article du Journal du Net de Raphaëlle Karayan sur les business angels, m'a donné envie de réagir un peu plus. J'ai beaucoup investi depuis plus de cinq ans dans des entreprises qui démarrent et comme je le précise au Journal du Net, c'est une expérience globalement (très) négative du point de vue de mon patrimoine. Pour faire simple j'ai perdu beaucoup d'argent dans ces investissements, j'y ai appris beaucoup et je ne le regrette pas.
Cela me fait plaisir de parler d'échec tiens. Il faut parler de ce que l'on fait mal, des moments où l'on se plante. Un échec pour un entrepreneur ou un investisseur est l'occasion d'apprendre et de devenir plus fort. L'échec est important pour progresser. Je suis motard depuis que j'ai 16 ans et l'on dit souvent qu'un bon motard est un motard qui s'est planté au moins une fois, et je le crois. J'ai du tomber en moto la première fois à 17 ans et depuis je roule d'une manière totalement différente.
Un entrepreneur ou un investisseur qui réussit n'est pas celui qui ne fait jamais d'erreurs, c'est celui qui apprend le plus vite de ses erreurs et fait en sorte de ne plus les commettre. Nous faisons des erreurs tous les jours et essayons d'apprendre le plus vite possible, de rester en mouvement permanent.
J'ai été aux côtés de dizaines d'entrepreneurs depuis des années et à j'ai souvent investi lorsque j'ai ressenti la passion de ces entrepreneurs et bien entendu une opportunité d'entreprise que je considérais bonne.
Le Journal du Net cite quelques entreprises dans lesquelles j'avais investi dont certaines sont des échecs totaux d'un point de vue de l'investissement. Je ne jette pas du tout la pierre à Jérome Frizzera qui avait fondé Magique Emilie et a fait tout ce qu'il a pu mais puisque le JDN en parle, je partage volontiers avec vous mon expérience, d'un point de vue financier si je me souviens bien j'avais investi 80 000 euros dans cette société qui m'a renvoyé lors d'une cession récente un chèque je crois de 1000 ou 2000 euros (tout les actionnaires d'origine ou presque sont sortis). Bien entendu une erreur totale du point de vue de l'investisseur. Par respect pour l'équipe des fondateurs que je respecte je ne m'attarderai pas sur les raisons de l'échec mais je pense qu'il est bon d'expliquer qu'investir dans une jeune entreprise est très risqué. J'ai malheureusement vécu un nombre important de mauvais investissements de ce type.
Je ne me souviens pas précisément des statistiques mais 9 entreprises créés sur 10 disparaissent dans les cinq premières années je crois. Ceux qui y investissent et prennent le risque ont forcément les mêmes statistiques.
Business Angel contrairement à ce que l'on lit parfois est difficilement un hobby, c'est une activité qui demande beaucoup de compétences. Pourtant le rôle des business angels est fondamental. Peu de banques prêtent à un entrepreneur qui se lance en particulier dans le secteur Internet, c'est trop risqué. Pourtant il faut bien financer les premières créations d'emploi et les premiers salaires, en attendant que les premiers clients et le chiffre d'affaires arrive pour les financer.
Je ne regrette rien même si mon patrimoine en a pris un coup. J'ai le sentiment que je prends plus de plaisir à diriger une entreprise moi même que d'investir dans celle des autres, probablement parce que j'ai le sentiment de maîtriser plus son avenir bien entendu. Je n'ai pas arrêté pour autant, au moment où j'explorais le début des blogs et des logiciels sociaux, j'ai investi récemment par exemple dans Technorati, Socialtext, LinkedIn et dans le monde des jeux video Boonty. Tous ces investissements sont très risqués et je peux à nouveau perdre beaucoup mais je suis très heureux de participer à ces aventures, tout comme les entrepreneurs qui les ont lancé et les salariés de ces entreprises, qui ont eu aussi bien conscience du risque sur leurs emplois. Clairement ils ne rejoignent pas ce genre d'entreprise sans être conscients que l'entreprise a un fort risque de disparaître dans les premières années.
Pourtant, l'innovation vient souvent de ces "startup". Les entrepreneurs qui les lancent, les business angels qui y investissent et les salariés qui les rejoignent prennent tous un risque conscient et assumé et mènent aussi parfois à de grands succès. Pensez à Meetic en France, à Google, Amazon ou Ebay aux Etats-Unis... La prise de risque créé aussi parfois, mais rarement, de grandes réussites internationales.
Je n'écris pas cette note pour me plaindre bien entendu, mais plutôt pour attirer notre attention sur le risque et l'échec comme élément fondamental de la vie des entrepreneurs et business angels. Nous dramatisons et cachons trop les erreurs, elles sont normales et font juste partie de notre vie de tous les jours. Si vous cherchez à lever des fonds en ce moment pour vos entreprises, je vous remercie de ne pas m'envoyer de dossier en ce moment, comme je l'ai dit je continue à investir mais je suis trop occupé au lancement de Six Apart actuellement qui réclame toute mon attention...
Et vous, si vous aviez un peu d'argent de côté, l'investiriez vous dans des startups en plein lancement ?









