22/02/2005

Les entrepreneurs et les business angels font des erreurs tous les jours, c'est juste normal

Un article du Journal du Net de Raphaëlle Karayan sur les business angels, m'a donné envie de réagir un peu plus. J'ai beaucoup investi depuis plus de cinq ans dans des entreprises qui démarrent et comme je le précise au Journal du Net, c'est une expérience globalement (très) négative du point de vue de mon patrimoine. Pour faire simple j'ai perdu beaucoup d'argent dans ces investissements, j'y ai appris beaucoup et je ne le regrette pas.

Cela me fait plaisir de parler d'échec tiens. Il faut parler de ce que l'on fait mal, des moments où l'on se plante. Un échec pour un entrepreneur ou un investisseur est l'occasion d'apprendre et de devenir plus fort. L'échec est important pour progresser. Je suis motard depuis que j'ai 16 ans et l'on dit souvent qu'un bon motard est un motard qui s'est planté au moins une fois, et je le crois. J'ai du tomber en moto la première fois à 17 ans et depuis je roule d'une manière totalement différente.

Un entrepreneur ou un investisseur qui réussit n'est pas celui qui ne fait jamais d'erreurs, c'est celui qui apprend le plus vite de ses erreurs et fait en sorte de ne plus les commettre. Nous faisons des erreurs tous les jours et essayons d'apprendre le plus vite possible, de rester en mouvement permanent.

J'ai été aux côtés de dizaines d'entrepreneurs depuis des années et à j'ai souvent investi lorsque j'ai ressenti la passion de ces entrepreneurs et bien entendu une opportunité d'entreprise que je considérais bonne.

Le Journal du Net cite quelques entreprises dans lesquelles j'avais investi dont certaines sont des échecs totaux d'un point de vue de l'investissement. Je ne jette pas du tout la pierre à Jérome Frizzera qui avait fondé Magique Emilie et a fait tout ce qu'il a pu mais puisque le JDN en parle, je partage volontiers avec vous mon expérience, d'un point de vue financier si je me souviens bien j'avais investi 80 000 euros dans cette société qui m'a renvoyé lors d'une cession récente un chèque je crois de 1000 ou 2000 euros (tout les actionnaires d'origine ou presque sont sortis). Bien entendu une erreur totale du point de vue de l'investisseur. Par respect pour l'équipe des fondateurs que je respecte je ne m'attarderai pas sur les raisons de l'échec mais je pense qu'il est bon d'expliquer qu'investir dans une jeune entreprise est très risqué. J'ai malheureusement vécu un nombre important de mauvais investissements de ce type.

Je ne me souviens pas précisément des statistiques mais 9 entreprises créés sur 10 disparaissent dans les cinq premières années je crois. Ceux qui y investissent et prennent le risque ont forcément les mêmes statistiques.

Business Angel contrairement à ce que l'on lit parfois est difficilement un hobby, c'est une activité qui demande beaucoup de compétences. Pourtant le rôle des business angels est fondamental. Peu de banques prêtent à un entrepreneur qui se lance en particulier dans le secteur Internet, c'est trop risqué. Pourtant il faut bien financer les premières créations d'emploi et les premiers salaires, en attendant que les premiers clients et le chiffre d'affaires arrive pour les financer.

Je ne regrette rien même si mon patrimoine en a pris un coup. J'ai le sentiment que je prends plus de plaisir à diriger une entreprise moi même que d'investir dans celle des autres, probablement parce que j'ai le sentiment de maîtriser plus son avenir bien entendu. Je n'ai pas arrêté pour autant, au moment où j'explorais le début des blogs et des logiciels sociaux, j'ai investi récemment par exemple dans Technorati, Socialtext, LinkedIn et dans le monde des jeux video Boonty. Tous ces investissements sont très risqués et je peux à nouveau perdre beaucoup mais je suis très heureux de participer à ces aventures, tout comme les entrepreneurs qui les ont lancé et les salariés de ces entreprises, qui ont eu aussi bien conscience du risque sur leurs emplois. Clairement ils ne rejoignent pas ce genre d'entreprise sans être conscients que l'entreprise a un fort risque de disparaître dans les premières années.

Pourtant, l'innovation vient souvent de ces "startup". Les entrepreneurs qui les lancent, les business angels qui y investissent et les salariés qui les rejoignent prennent tous un risque conscient et assumé et mènent aussi parfois à de grands succès. Pensez à Meetic en France, à Google, Amazon ou Ebay aux Etats-Unis... La prise de risque créé aussi parfois, mais rarement, de grandes réussites internationales.

Je n'écris pas cette note pour me plaindre bien entendu, mais plutôt pour attirer notre attention sur le risque et l'échec comme élément fondamental de la vie des entrepreneurs et business angels. Nous dramatisons et cachons trop les erreurs, elles sont normales et font juste partie de notre vie de tous les jours. Si vous cherchez à lever des fonds en ce moment pour vos entreprises, je vous remercie de ne pas m'envoyer de dossier en ce moment, comme je l'ai dit je continue à investir mais je suis trop occupé au lancement de Six Apart actuellement qui réclame toute mon attention...

Et vous, si vous aviez un peu d'argent de côté, l'investiriez vous dans des startups en plein lancement ?

Tout du dépend du Burn Rate, du Cash Flow, du Break Even et du Done Deal. Voilà, je voulais juste dire que j'ai fini mon livre "Investir pour les gros nuls" et que maintenant je cherche une "Killer App" pour pratiquer mon anglais des affaires. Pas sérieux s'abstenir.

Vinvin, 22/02/2005 at 16:34

En tant que busines angel, quel retour sur investissement attends-tu des boites dans lesquelles tu es ?
Un « fois 5 » au bout de 3 ans ? Plus ambitieux ?

Pour répondre à ta question finale, si j'avais le fond, oui je me mettrais clairement à investir dans des boites naissantes, mais à deux conditions :
- trouver le projet excellent ou culotté
- avoir un très bon feeling avec le boss/l'équipe.

Thierry, 22/02/2005 at 16:49

Commençons par répondre à ta question : pour ma part, c'est Oui.

Pour ne parler que de ces 3 dernières années, j'ai mis de l'argent dans 3 sociétés, dont Stonfield, que j'ai créé avec quelques uns de nos amis communs et que je dirige au quotidien.

Je suis en train de le faire dans une nouvelle sur le secteur IT (elle devrait "naitre" la semaine prochaine).

Je partage ton point de vue sur les échecs : on y apprend beaucoup plus vite, même si c'est parfois marqué au fer rouge !

C'est sur ces 3 derniers projets que j'ai pu mesurer à quel point j'avais progressé... (et à quel point il me reste du chemin à parcourir).

Nous avons notamment une "aventure" en commun, toi en tant qu'actionnaire actif et moi, manager (actif aussi, bien sûr :-)). Loin de moi l'envie de refaire l'histoire et de juger nos actes de l'époque, mais j'ai surement plus appris et progressé dans ces quelques années que sur toute ma "carrière" et études réunies. Tout simplement parce que l'on a accumulé les erreurs et les échecs à grande vitesse (en grande partie parce que nous développions cette entreprise à - trop - grande vitesse).

La meilleure leçon retirée de cette expérience : Je suis redevenu entrepreneur pour regagner la liberté de faire des erreurs, dans les projets que je porte moi-même (y compris financièrement) et ainsi ne pas avoir à assumer seul, par loyauté ou entètement, les erreurs ou incompétences des autres.

Tu as raison, on devrait plus souvent partager ses erreurs ou ses échecs, ne serait-ce que pour éviter à d'autres de refaire les mêmes...

PS Vinvin : Je ne sais pas si ça vient d'Investir pour les Nuls ou de ton expérience, mais tu maitrises parfaitement le minimum de vocabulaire nécessaire pour faire au moins un écran de fumé :-)

Pierre-Olivier, 22/02/2005 at 19:15

J'ajouterai juste un conseil: etant donne le caractere tres risque des investissements "angels", je conseille toujours a ceux qui veulent s'y adonner de considerer les sommes investies dans ce type de deal comme etant "perdues".

En effet, comme le souligne Loic, une large majorite des startups ne retourne pas le capital investi, et si realisation il y a, cela peut prendre 5 a 7 ans, voire plus. Il n'est donc pas possible de planifier quoi que ce soit en terme de cash flow sortant, genre pour payer un apport sur une voiture ou une maison. Donc, si vous pensez avoir besoin a un moment ou a un autre du montant que vous allez investir, c'est peut-etre le moment de reconsiderer.

De plus, il ne faut pas oublier que les investisseurs ont la possibilite, et parfois l'obligation, de maintenir leur % lors des tours de financement suivants, et que cela implique de pouvoir continuer a investir (meme si les clauses de "pay to play" ont tendance a disparaitre avec l'amelioration des conditions de financement).

Jeff Clavier, 22/02/2005 at 20:32

Je comprends cette passion pour les nouvelles sociétés. J'apprécie aussi le ton et la franchise avec laquelle tu nous parles de ces échecs 'financiers'. Comme tu le dis chaque médaille à son revers. Dans notre univers européen très souvent tourné autour du "statu quo", les entrepreneurs qui parlent publiquement du revers de leurs aventures sont assez rares.

Il faut reconnaitre que beaucoup de nos concitoyens qui n'ont pas des vies d'entrepreneurs, nous regardent souvent avec des yeux incrédules. L'échec financier les rassure (sans doute pour leur besoin de sécurité). On ne vit pas pour le regard des autres mais ce n'est pas toujours facile de reconnaitre un échec et surtout d'expliquer que cela nous donne envie de recommencer un autre projet. Pour certains nous avons un fond de maso ou de doux utopiste "a la mancha" ... mais l'envie de faire autrement, mieux ou plus efficace, c'est souvent plus fort que tout. Alors on se relance, prêt à soulever des montagnes en tout genre. La motivation financière est toujours présente mais jamais dominante ou prioritaire. Quand on peut la faire remonter de un ou plusieurs crans c'est encore mieux. Mais le casse-tête n'est jamais simple. Et peu importe le niveau de décollage du projet.

Petite question : pourrais-tu expliquer en 2 mots le business model de technorati? Comment vont-ils générer des rentrées financières? A qui vendent-ils leurs services? Et la raison pour laquelle tu as investi dans leur projet? Merci pour ta réponse.

Francois, 22/02/2005 at 20:33

Cher Loïc, heureusement qu'il y a des entrepreneurs comme toi qui prennent des risques, qui gagnent et qui se plantent aussi. C'est la liberté d'entreprendre. Je ne suis qu'une pauvre salariée mais passionnée par le marché et la liberté. C'est l'objet de ma thèse, une thèse en droit public. En résumé, la liberté d'entreprendre est une liberté constitutionnelle. Tant les débats constitutionnels de 1789, 1848 et 1946 montrent que la liberté d'entreprendre ne peut être interprétée sans le droit de propriété et que l'enjeu constitutionnel est bien la propriété et le libre usage des moyens de production.

La liberté d'entreprendre correspond, en réalité, d'une part à la liberté de créer son entreprise à partir des biens de production dont on est propriétaire, d'autre part à la liberté de gérer son entreprise à partir des biens dont on dispose.
Je suis incapable de lever ces fonds (chacun son métier), mais défendre ta liberté de le faire... j'en fais mon engagement.


Véronique , 22/02/2005 at 21:15

Une bien belle note, et bien commentée.
Les notions de risque et d'échec ont un poids important pour l'entrepreneur.
On peut être entrepreneur dans l'âme, mais "l'alchimie" qui permet de construire une entreprise durable est difficile à atteindre. C'est une aventure tellement passionnante qu'on y revient même après s'y être brulé les ailes.
De la même façon, risque et échec doivent façonner l'investisseur qu'il soit business angel passionné ou gros capital risqueur.
C'est vrai qu'il faut montrer que l'échec fait partie de la done et que ce n'est pas seulement une expérience négative !

Olivier, 22/02/2005 at 22:19

Loic > On peut dire aussi que les regles ont changé en bien. On peut investir des la tete d'entrepreneurs aguéris, qui ont déjà fait des succès (les fondateurs de Boonty et LinkedIn par exemple) dans une période ou il y a 5 fois plus d'internautes que du temps de Magic Emilie (on a un vrai beau marché maintenant). Ceci explique par exemple des succès comme Meetic, Rueducommerce, Aufeminin, Meilleurstaux, PriceMinister etc...

Pascal, 22/02/2005 at 22:27

merci à tous pour vos commentaires. Véronique, "Je suis incapable de lever ces fonds (chacun son métier), mais défendre ta liberté de le faire... j'en fais mon engagement." super!

Loic, 22/02/2005 at 22:42

euh pour Technorati... pas de business model pour l'instant mais une croissance explosive... Paypal n'avait pas de business model avant d'avoir 5 millions d'utilisateurs, idem pour Linked In. En gros, il faut atteindre une très grande masse critique d'utilisateurs pour trouver le business model éventuel, ce qui n'empèche pas que ces entreprises puissent atteindre une forte valeur avant même de trouver un modèle. A suivre... Probablement le comble du risque. Vous cherchez un business plan ? Il n'y en a pas encore, seulement des pertes !

Loic, 22/02/2005 at 22:45

"Paypal n'avait pas de business model avant d'avoir 5 millions d'utilisateurs" ????

ah bon?? Ca vient d'ou ce commentaire?

en tout cas tu peux constater l'avancement du business model
http://investor.ebay.com/downloads/AnalystDay_2005.pdf

PS: excellent post.

Gera;d, 23/02/2005 at 09:19

Hello !

Eh bien moi, je serais bientôt de l'autre côté...
Venez me visiter sur www.nicolive.canalblog.com et vous assisterez peut-être à l'accouchement d'un très beau projet (si ce n'est pas dans les prochaines semaines ce sera au max dans un an !)
Je suis actuellement dans la phase de prise de conseils sur la faisabilité auprès de... Business Angels. J'en profite d'ailleurs pour les remercier de leur disponibilité et je fais le voeu que cecomme ici aux US, les business angels se réveillent en nombre dans ma France natale ! Je vois pour ma part tous les jours des opportunités alors ne passez pas à côté sans ouvrir les yeux !

Nicolas, 23/02/2005 at 10:11

... BIOMASSE du business ... ou l'art d'extraire de l'énergie des épluchures et autres casseroles !

Ana Gram, 23/02/2005 at 21:38

Des échecs?
Ça n'éxiste pas, si l'on continue toujours à avancer.

FerN, 23/02/2005 at 22:31

Bravo Loïc pour ce post avec beaucoup de fonds, de reflexion et d'humilité.
Malgré ton jeune âge, tu as un beau "cuir de la vie" et tu montres l'exemple d'une vie dense, bien menée et bien remplie.
Courtoisement

Alain Mathecowitsch, 25/02/2005 at 14:07


Bonjour,

Je suis Jérôme Frizzera, l'un des co-fondateurs de Magic Emilie, ex-actionnaire et ex-président.

Puisqu'on en parle...

Concernant Magic, je partage l'analyse et l'amertume financière de Loic...très mauvais placement...

je tiens à préciser que les conseils de nos BA ont été clés lors de certains moments difficiles.

A ce titre, je remercie encore tous nos BA de l'époque. Leur investisssement a rendu notre BP possible ( au moins dans la vision...) : le site magicmaman.com est toujours le site leader sur les parents en France.

Frizzera, 26/02/2005 at 19:42

"Web marketer", ayant participé en tant que salarié (et pour pas cher, mon fils !) à la création de 3 agences internet, recherche société innovante, avec patron honnête et chercheuse d'idées neuves pour assurer son développement professionnel ET intellectuel ET spirituel ET plus si affinités...

yomguaille, 27/04/2005 at 17:39

Bonjour,

Un site franchement intéressant qui résume bien le risque de toute création d'entreprise.
Je profite de ce blog pour annoncer que je recherche un ou des investisseurs qui seraient prêt à me suivre dans le développement d'un label de thé que j'ai lancé en décembre 2004 et que j'ai testé auprès de nombreux consommateurs durant presque un an.
En moins d'un an d'activité nous avons réussi à faire connaître notre label et avons des clients un peu partout dans le monde. Nous ne sommes qu'au début de l'aventure, notre objectif étant de devenir une référence international dans le secteur du thé. Pour cela nous avons mis en place un business model différent de ce qui existe dans le secteur du thé.
Avis aux BA, contactez moi si vous cherchez un projet porteur.

Lam, 15/10/2005 at 14:24

Bonjour,

Ok, je sais que je viens réagir longtemps... longtemps après la publication de ce billet mais après tout, peut-être qu'il y a des gens qui, comme moi, s'amusent à consulter les vieux billets.

Tout d'abord, je tiens à te remercier Loïc (si tu lis ce commentaire un jour!!!) pour ce témoignage qui me motive et me rassure dans une certaine mesure. Pourquoi?

Tout simplement parce que, mon associée et moi, préparons actuellement le terrain pour enclencher l'opération "Ou est caché Charlie le Business Angel" et que, d'après les premiers contacts établis, les esprits sont encore largement marqués par les pertes (colossales???) des années 2000.

Ca va faire maintenant 2 ans que nous portons un projet qui mêle e-tourisme, mobilité, multimédia et globalement, les services "plus" pour les utilisateurs. Au départ, ce projet était très avant-gardiste et nous heurtions systématiquement aux mêmes réponses:

1 – "Ca ne marchera jamais!!!"
2 – "vous êtes trop jeunes"
3 – "c'est une passade, l'idée de créer une boite vous passera (ou vous ruinera)"
4 – etc…….

Malgré cela, nous continuons encore et toujours à nous battre afin d'imposer nos idées et notre passion. Depuis quelques mois, nous avons intégré une structure d'accompagnement (incubateur belle de mai) et nous avons énormément progressé dans de nombreux domaines. Et pourtant, j'ai quand même le sentiment parfois que je viens de passer 2 ans à montrer ma valeur aux yeux de sceptiques plutôt que de m'employer à créer quelque chose réellement (des emplois? un service? etc.).

Honnêtement, depuis le départ, la seule crainte que j'ai c'est que le jour où nous trouvons un investisseur arrive trop tard. Etre innovant c'est déjà pas facile mais réussir à faire évolué un projet virtuel pendant 2 ans pour qu'il reste innovant c'est vraiment galère.

Attention, je ne cherche pas à donner de leçon ou quoi que ce soit de ce genre. J'ai bien conscience d'être un porteur de projet parmi 500 000 et même si je crois à mort dans mon projet, je sais que d'autres ont de très bonnes idées. Je ne jalouse absolument pas ceux qui réussissent; au contraire, je les admire. C'est avant tout un témoignage que je souhaite apporter à la suite de ce billet posté par Loïc.

Quelques réflexions pour conclure:

Si un porteur de projet lit ce commentaire: Courage l'ami et ne lâche rien!!! Je ne suis ni le premier, ni le dernier à le dire mais la création d'entreprise, c'est une odyssée longue, fatigante, difficile mais franchement, j'ai 25 ans (et toutes mes dents) et quand je regarde autour de moi, j'ai vraiment le sentiment de vivre la première vraie grosse aventure de ma vie alors qu'il y en a un paquet qui n'en vivrons pas une seule dans toute leur vie.

Si un BA (ou un éventuel VC) lit ça: Si un jour on veut réellement voir des Google ou des Microsoft à la française, il va peut-être falloir changer la façon de réfléchir et de concevoir les investissements.
Bon courage et j'espère ne pas avoir trop englué cet espace de réflexion avec ce petit témoignage.

BeNoMad… and BeNoot

PS: Loïc, tu ne veux pas donner des cours de Business Angelisation?

BeNoMad, 01/09/2006 at 19:53

Dans les années 1999-2000, j'ai fréquenté des business angels, vu des ventures, des incubateurs, même des sociétés de conseils qui vous demandait 50000F pour accéder à leur fichiers de BA... une honte ! J'en ai fait des business plan... En tout cas ça n'a rien donné. Personne n'a cru en moi et mon projet, le seul sur lequel j'ai pu compté c'est moi ! Résultat : j'ai bossé, dur, aujourd'hui j'ai un site qui fonctionne et qui me fait vivre moi et ma famille, j'ai pu acheter une maison cash, et ma femme et moi on a la chance de voir grandir nos enfants sans partir au petit matin au boulot comme des millions de salariés...
@Vinvin : burn rate faible, cash flow bien, break even éclaté depuis un moment, done deal tous les jours...
@tous les entreprenautes, comptez sur vous même et surtout faites rentrer du cash !

entreprenaute, 04/02/2007 at 22:16

seloger.com
Posté par seloger le 12.12.2007
Interview Boursorama

Jean-Fabrice Mathieu, Directeur général de SeLoger.com
le 21/11/2007 13:57:00

(Boursorama.com) Votre chiffre d'affaires sur les 9 premiers mois est en hausse de 58,4%. Comment l'expliquez-vous ?

L'ensemble des activités connaît une progression soutenue. Pour le coeur de métier, les petites annonces et média (79% du chiffre d'affaires), la croissance s'établit à 48,3%. Il faut noter le caractère particulièrement dynamique des ventes en province avec une progression de 66,9%.

L'activité de publicité en ligne et partenariats (5,4% du chiffre d'affaires) a connu une hausse de 93,6%. Cette performance traduit la capacité du groupe à monétiser son audience particulièrement ciblée.

Enfin, l'activité services (21% du chiffre d'affaires) a bondi de 112,5%. Elle bénéficie notamment de l'intégration de Périclès, logiciel de gestion leader en France pour les agents immobiliers.


Vous observez une forte augmentation des petites annonces. Ceci signifie-t-il que la partie est plus facile entre particuliers ? Pourquoi ?


Peu d'études permettent de chiffrer précisément la part des transactions de particuliers à particuliers. Mais il est clair que le marché tend à se professionnaliser et la part des particuliers se réduit.

Les procédures de vente sont de plus en plus complexes : chaque propriétaire doit produire pour la vente de son bien un certificat loi Carrez, un certificat sur la présence de plomb, d'amiante, de termites, de performance énergétique .

Depuis le 1er Novembre, il doit également produire un certificat de diagnostic gaz. Pour les propriétaires-vendeurs, la tentation devient grande de faire appel à un professionnel.

Par ailleurs, plus le marché se tend, moins il est facile de trouver des acquéreurs par soi-même et plus les propriétaires sont incités à utiliser les services d'un professionnel pour vendre leur bien.


Vous envisagez d'augmenter votre taux de pénétration ?


Notre taux de pénétration est en augmentation constante. Fin 2006, nous avons atteint un taux de 36%, en avance sur notre plan de marche puisque nous ne prévoyions que 35%.

Nous nous sommes engagés vis-à-vis du marché boursier à atteindre un taux de pénétration de 45% à fin 2007. Nous étions à 44% fin septembre. Nous devrions cette année encore dépasser notre objectif .

Nous restons donc confortables par rapport à l'objectif de 70% de pénétration à fin 2009.

Comment envisagez-vous de faire ?

La conquête de clients en province représente environ 80% de notre conquête totale. La province constitue notre principal moteur de croissance.

Nous visons un taux de pénétration de 70% fin 2009 . Compte tenu de notre rythme de croissance actuel, nous sommes en bonne voie pour atteindre cet objectif.


Quel regard portez vous sur l'arrivée du modèle low cost avec les sites comme efficity.com et
site-leader-immobilier.fr ?


Depuis son origine, SeLoger.com s'est développé dans un environnement concurrentiel. Régulièrement, des acteurs choisissent d'adopter un positionnement low cost. Mais les agents immobiliers et les internautes sont d'abord à la recherche d'efficacité.


Regroupant près de 900 000 petites annonces en France, le site SeLoger.com est de loin le numéro un sur Internet. Les internautes ne s'y trompent pas : le trafic du groupe s'établit à plus de 1,2 million de visiteurs uniques par mois.


Que pensez-vous de la volonté de Nicolas Sarkozy de faire de la France "un pays de propriétaires" ? Ce souhait vous semble-t-il concrétisable ?

La France connaît un taux de propriétaire de 58%, ce qui est faible par rapport à la plupart des autres pays d'Europe. Il est logique de vouloir faire progresser ce chiffre. Dans la perspective de retraites moins assurées que par le passé, il est logique de préférer avoir son propre toit.

Les mesures fiscales qui viennent d'être adoptées pour l'achat de la résidence principale devraient avoir un effet favorable même dans le contexte actuel de hausse des taux d'intérêt.

On assiste à une baisse des prix de 0,9% sur le marché. Peut-on dire que les prix de l'immobilier ont cessé de flamber ? Pensez-vous que cette tendance à la baisse a vocation à s'inscrire dans le temps ?

Il semble que le marché de l'immobilier ait trouvé un certain équilibre entre les acheteurs et les vendeurs puisque les prix tendent à se stabiliser. Il existe toujours des disparités entre la plupart des agglomérations de province et Paris où la tendance semble toujours être haussière.

Il n'est pas certain que le marché de l'immobilier soit à un tournant. Pour l'instant, le marché semble plutôt avoir atteint un plateau.

Comment réagissez-vous face à cette baisse des prix sur le marché ?

La baisse des prix du marché n'a pas d'incidence directe pour SeLoger.com. En revanche, si les conditions de marché se durcissent, les agents immobiliers auront tendance à privilégier les supports de communication offrant le meilleur rapport coût/efficacité.

Ils devraient donc accélérer le transfert de leurs dépenses marketing des journaux vers l'Internet. Cette tendance est très positive pour SeLoger.com.


Peut-on craindre une contagion de la crise des subprimes en France ?

Les banques françaises appliquent des règles d'octroie des crédits très strictes par rapport à celles de certains organismes aux Etats-Unis. Le niveau de solvabilité des accédants à la propriété en France est donc élevé. De plus, la plus grande part des crédits immobiliers accordés en France est à taux fixe.

Dans ces conditions, on peut considérer que le compartiment d'emprunteurs subprime n'existe pas en France. Si une contagion devait avoir lieu, ce serait au niveau macro-économique, l'économie européenne ayant des dépendances non-négligeables avec l'économie américaine.

Le cabinet Precepta (groupe Xerfi) indique que les conditions sont réunies pour que le marché de l'immobilier en France subisse “un ajustement fortement baissier”, et que les prix reculent “de 18% d'ici à 2010”. Qu'en pensez vous ?

C'est une perspective très sombre, probablement pessimiste. Il ne faut pas oublier que le marché de l'immobilier reste soutenu par des facteurs démographiques forts et de long terme : allongement de la durée de la vie, naissances, augmentation du nombre de foyers mono parentaux...

Propos recueillis par Imen

imen, 06/01/2008 at 19:53

Il exisite un dossier vidéo réalisé par Capital Risqueur TV sur les Business Angels sur : http://www.capital-risqueur.tv/investissement.php

Capital Risqueur TV, 30/01/2008 at 18:59

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