29/07/2004

Les 35 heures: réflexions du jour

Un journaliste d'un grand mensuel prépare pour la rentrée un dossier sur les 35 heures, le sujet revient d'actualité, et il vient m'interviewer sur le fait que je pense que c'est une honte pour la France de donner aux français l'impression qu'en travaillant moins, la France peut réussir sur le long terme.

J'adore appeler une entreprise et m'entendre dire, et cela arrive souvent, "ah non désolé, Mr ou Mme X est en RTT, rappelez Lundi mais je ne suis pas certain qu'elle n'y sera pas encore". Comme si le terme "RTT" excusait tout, c'est normal.

Comme j'apprécie toujours autant les discussions avec vous sur mon blog, je vous fait part d'un petit travail de préparation en vue de l'entretien. Si vous êtes comme moi dirigeant d'une PME, je serais très intéressé par votre propre expérience sur la manière dont vous gérez les 35 heures dans votre entreprise et ce que vous en pensez.

Nous avions déjà eu une discussion animée et intéressante sur le sujet sur cette précédente note sur les 35 heures, ainsi que des commentaires parfois violents lors de mon discours sur l'avenir du business en Europe [EN] au Sommet Européen de Varsovie du World Economic Forum. (video).

En particulier, un Chef d'Entreprise polonais avait exprimé de manière très directe à quel point la France était habituée à vivre dans le confort (en particulier avec les 35 heures) alors que son pays avait 20% de chômage et que leur seul choix pour s'en sortir était de travailler le plus possible et de recréer un dynamisme incroyable que je pense qu'ils ont plutôt bien réussi à lancer.

Bref, le sujet de l'article c'est les PME et les 35 heures, au delà de mon avis franchement négatif sur le sujet et de la pertinence de mon interview compte tenu du très faible nombre de salariés de mon entreprise, voici quelques éléments sur ma position:

-mon entreprise respecte évidemment la loi, nous appliquons la convention collective du Syntec. dont voici un extrait:

" Article 32 I.C. - CARACTERE FORFAITAIRE DE LA REMUNERATION DES INGENIEURS ET CADRES

Etant donné de rôle dévolu aux ingénieurs et cadres, il est fréquent que leurs heures de présence ne puissent être fixées d’une façon rigide : elles correspondent aux nécessités de l’organisation du travail et de la surveillance de son exécution."

-la plupart de mes salariés sont cadres et récupèrent donc les jours de RTT en congés payés

Ce qui me semble intéressant c'est que certains de mes salariés travaillent à distance et bien que la loi prévoit que nous devrions pouvoir contrôler le temps de travail (les salariés seraient obligés de compter leurs heures même si ni eux, ni l'entreprise, ne le souhaitent) je considère que le temps de travail est bien moins important que la qualité de celui-ci et du résultat obtenu.

Mes collaborateurs qui travaillent à distance ne font l'objet d'aucun contrôle, sont totalement autonomes, gèrent leur temps comme ils le souhaitent et ne sont pas mesurés sur celui-ci, donc la pertinence de la loi est ici plutôt limitée...

Quelques éléments que j'ai utilisés pour préparer l'entretien, servis sans ordre particulier.

Deux articles sur lesquels je suis tombé:

Libération: "le gouvernement à la chasse aux 35 heures", 1er Juillet 2004 et cette citation de Nicolas Sarkozy:

«Il faut un raisonnement simple : si on pense que les 35 heures c'est positif, alors il faut les garder, lance-t-il. Mais si on considère, comme je le pense, que les 35 heures, c'est beaucoup d'inconvénients, alors il ne faut pas craindre d'engager une réforme profonde.»

et deux cas, Siemens et Bosch:

"Siemens. Pour justifier une telle offensive sur les 35 heures, Bussereau prend en exemple «l'accord d'augmentation du temps de travail» signé en Allemagne par Siemens, qui a contraint 4 500 de ses salariés à revenir aux 40 heures sous la menace de la délocalisation. En France, le patronat est lui aussi en train de passer à l'acte, même si le mouvement est minoritaire. En mai, le volailler Doux est revenu aux 39 heures.

Le groupe Bosch compte aller plus loin en juin à Vénissieux, en exigeant de ses 800 salariés la recette de Siemens : augmentation du temps de travail sans un sou de plus, ou le départ de la production vers la République tchèque. Très loin du «travailler plus pour gagner plus»."

L'entreprise du 8/10/2002 (attention assez ancien): 35 heures, ce qui va changer avec les mesures Fillon

Voici quelques extraits d'un rapport déposé en avril 2004 au sénat:

L'ÉCONOMIE FRANÇAISE PEUT-ELLE RÉELLEMENT SUPPORTER LES 35 HEURES ?
Ainsi que l'a rappelé M. John Martin, directeur du département emploi, travail et affaires sociales de l'OCDE, il existe bien une « exception française en matière de politique de réduction collective du temps de travail ». Exception quantitative, au regard de la diminution des durées de travail en France par rapport aux autres pays, ou en termes d'évolution du niveau de la productivité. Exception qualitative, par la manière, autoritaire et législative, selon laquelle la réduction a été imposée, ou encore par la logique offensive selon laquelle la politique de l'emploi a été menée135. Toute la question est donc de savoir si cette exception économique est justifiée ou non, au regard des principaux effets macroéconomiques de ces lois.
Or, il s'avère que, si les effets directs en emplois avaient été identifiés clairement comme objectif pour les modèles macroéconomiques établis dans le cadre de la réduction du temps de travail, il en allait en peu différemment d'effets plus indirects du processus de réduction du temps de travail, voisins, voire concomitants, des effets potentiels sur l'emploi. Nombreuses sont les personnes auditionnées à avoir déploré la difficulté à appréhender, dès l'origine, les effets du passage aux 35 heures sur l'évolution, à terme, de la croissance de l'économie française, ainsi que sur la compétitivité des entreprises ou l'attractivité du territoire français et les phénomènes de délocalisation.

LA MISE EN CAUSE DES CAPACITÉS DE CROISSANCE DE L'ÉCONOMIE FRANÇAISE
Pour de nombreux économistes, la réduction du temps de travail ampute mécaniquement les capacités de croissance de l'économie française. Par des analyses multiples, nombreux sont ceux qui ont mis en évidence ce risque, que le bon sens laisse déjà entrevoir. La croissance de l'économie résulte d'un certain nombre de facteurs, tels le travail, l'évolution des coûts, le capital ou encore l'innovation, ainsi que l'a montré encore récemment l'économiste M. Gilles Saint-Paul136 : « les trois principaux déterminants du PIB sont : 1) le travail, c'est-à-dire la proportion de gens qui travaillent et le nombre d'heures qu'ils travaillent : plus ces indicateurs sont élevés, plus la quantité de biens produite par tête est élevée ; 2) le capital, c'est-à-dire les machines, les véhicules, l'immobilier, etc... : plus le stock de capital est élevé, plus la quantité produite est élevée ; 3) la technique, qui détermine l'efficacité de l'économie, c'est-à-dire la quantité produite à travail et capital donnés (...) ».
Il est donc difficile en effet d'imaginer que restreindre l'un de ces facteurs - en l'occurrence, le travail - n'affecterait pas négativement la croissance globale : « les macroéconomistes ont développé des techniques comptables permettant de décomposer la performance de croissance d'une économie en la contribution de chacun de ces facteurs. Clairement, on expliquera le déclin différemment suivant que l'un ou l'autre de ces facteurs domine137 ». Or précisément, l'évolution française de la durée du travail est aujourd'hui en question. Elle constitue une exception, dont les effets sur l'évolution de la productivité et de la croissance à long terme sont à craindre.

[...] C'est pourquoi l'exception française en termes de temps de travail est aussi devenue une exception en termes de productivité : à l'occasion de la réduction du temps de travail, la baisse du nombre des heures travaillées par personne employée a eu une incidence directe sur le niveau de la productivité par tête, dont la progression, sur la période 1996-2002, a été moindre que par le passé.

[...] Mais dans le cas français, ainsi que l'a démontré M. John Martin lors de son audition142, les gains de productivité horaire, réels, n'ont pas été entièrement suffisants pour compenser la baisse du nombre d'heures travaillées par personne

[...] A long terme, la mise en question de l'évolution du potentiel de croissance ainsi que de l'enrichissement de la croissance en emplois
Ces résultats incertains en termes d'évolution de la productivité ont une incidence directe sur les perspectives de croissance. C'était même l'un des points fondamentaux conditionnant la réussite de la réduction du temps de travail. Les gains de productivité étaient l'un des trois éléments, avec la modération salariale et les allègements de cotisations sociales patronales, devant permettre de compenser les surcoûts engendrés, pour les entreprises, par le passage aux 35 heures. Leur nature revêtait d'ailleurs de ce fait dès l'origine une forme d'ambiguïté, car ils étaient présentés comme souhaitables en même temps qu'ils apparaissaient comme une conséquence inéluctable du processus. Or ce mécanisme n'a été qu'imparfaitement à l'œuvre.

[...] Sans doute les gains de productivité horaire, associés aux allègements de charges et à une certaine modération salariale, ont-ils permis de limiter l'augmentation du coût unitaire du travail au moment où était diminué le nombre d'heures travaillées.
Mais à long terme, de nombreuses analyses ont mis en évidence le fait que le dispositif de réduction du temps de travail devrait porter atteinte au potentiel de croissance, générant un risque supplémentaire de dégradation des finances publiques.

[...] Sur la perte de compétitivité française: pour M. Denis Gautier-Sauvagnac, vice-président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie, l'évolution des exportations françaises est le signe d'un affaiblissement de la compétitivité du pays. Il a indiqué qu'en 2003, les exportations françaises représentaient à peine plus de 45 % des exportations allemandes, alors qu'elles correspondaient à près de 60 % de celles-ci au moment du vote des lois Aubry. Vis-à-vis de l'Italie, sur la même période, le niveau des exportations françaises s'est abaissé de 130 % environ à un peu plus de 120 %. S'agissant du volume des exportations industrielles manufacturières françaises par rapport aux exportations de la zone euro, la baisse est sensible également, passant d'un taux de 18 % environ à un taux de 16 %.

[...] Les 35 heures encouragent les entreprises à délocaliser. Enfin, un certain nombre de constatations ont été faites par la mission sur le terrain. S'étant rendu au siège de la société Poclain Hydraulics à Verberie (Oise), elle a pu relever que les 35 heures avaient entraîné une baisse de la compétitivité du site français, en raison d'un renchérissement des coûts horaires, passés à 58,1 euros contre seulement 12,3 en République tchèque160. Il est à noter également que lors de sa visite de la société L. Bernard S.A., à Gonesse (Val d'Oise), la mission a pu constater que l'entreprise, pour maintenir ses coûts, avait dû s'approvisionner à l'étranger pour certaines pièces, dans les secteurs de l'électronique en Asie, pour les moteurs en Espagne, pour la fonderie en Pologne161.


Extrait de l'excellente revue Business 2.0 :

It's time for U.S. companies -- some of which have made late nights and short weekends a test of loyalty -- to come to terms with the myth that long hours and no vacation are good for the bottom line. In a business world ever more reliant on its real intellectual property -- that is, people -- taking care of those folks over a longer time horizon will always be a winning strategy. Even if it means putting up with the occasional three-course lunch.

Reference: http://www.business2.com/b2/subscribers/articles/0,17863,662961-2,00.html

Pierre CARION, le 29/07/2004 à 18:12

Encore une fois j'ai la douloureuse impression que l'on ne sait pas faire la part des choses et regarder la réalité en face. La France a un taux de chômage important, des entreprises qui vivent des contraintes et qui semblent dire de façon unanime qu'elles se sentent évoluer avec plus de contraintes que certains de leurs voisins. Alors j'entends déjà certains discours me parler de la France sociale, d'une économie solidaire, d'un héritage fort sur les principes de fonctionnement généraux etc... OK. Sachez messieurs que je ne suis absolument pas en opposition avec tout cela. Mais je sais aussi que lorsqu'on ne regarde pas la réalité de très prêt, on fini par vivre au pays des Bisounours. Et plus dur sera la chute.
Nous n'avons pas les moyens de nos prétentions sociales ! Que ce soit dit. La priorité c'est baisser le chômage, c'est faciliter la création d'emploi, c'est donc alléger et faciliter l'élan entreprenarial ! Et ce n'est pas avec la simple mesurette d'entreprise à 1€ que l'on y arrivera.
Dans ce contexte, regardons les choses en face, les 35H n'ont été efficaces sur aucun de ces critères. Au contraire. Pour les meilleures entreprises, elles ont permis de travailler sur la méthode et les process afin de ne pas trop souffrir de l'absence régulière de collaborateurs. Pour les plus fragiles (et ce sont pourtant celles ci qu'il faudrait aider) cela n'a fait qu'augmenter le taux de litiges internes ou clients. Un sondage récent dans je ne sais plus quel journal annonçait d'ailleurs que les 35H sont la troisième raison parmi celles évoquées spontanément quant à la mauvaise ambiance entre collègues de travail ou avec les clients.
Enfin, que penser de l'effet amenant les entreprises à encore plus délocaliser qu'auparavant, les plus véreuses ayant trouver ici un prétexte presque idéal ? Ce que l’on voit ces derniers temps est pitoyable.
Travailler plus pour gagner plus ? Ok, mais il faut expliquer clairement pourquoi nous n'avons pas le choix et non essayer de faire croire à un consensus global...
Autant de choses qui font que cette image insoutenable des méchants patrons d'un côté et des employés tire au flanc de l'autre, continue à s'auto alimenter.
Et l'entreprise citoyenne dans tout cela ? J'ai envie de croire à un modèle responsable ou les objectifs sont partagés et tout le monde oeuvre dans le même sens parce qu'on lui a expliqué pourquoi et qu'il a pu exprimer son opinion sans crainte.
Un peu de transparence, de pragmastisme, de courage et d’honnêteté, et nous serons déjà dans de meilleures dispositions pour envisager créer de la valeur.

Manuel DIAZ, le 29/07/2004 à 21:53

Très interessant ce que tu dis Manuel.

rosalie, le 29/07/2004 à 22:47

Il suffit d'aller faire un tour dans les Tribunaux de Commerce rubrique entreprises en liquidation judciaire: les faits parlent d'eux mêmes pas besoin d'étude exhaustive sur l'effet des 35 heures.

Arkadia, le 29/07/2004 à 23:15

Pfiou, ben heureusement que Pierre Carion est là hein...
On dirait que certaines personnes n'imaginent pas un monde autrement que la concurrence entre les gens. C'est triste...

Adrien, le 30/07/2004 à 00:04

adrien:

c'est bien le problème, il faut imaginer pour voir un monde sans concurrence. la réalité suggère plutôt son existence.

quand telle catégorie va dans la rue et réclame une revalorisation, elle se met en concurrence avec telle autre catégorie, à moins de poser l'existence d'une manne infinie cachée quelque part.

croire à l'absence de concurrence est un luxe de riche qui, parce que la fontaine ne s'est jamais tarie, s'imagine qu'il en sera toujours ainsi. bon atterrissage. ou plus précisément bon crash.

lionel, le 30/07/2004 à 00:39

A propos, je vous suggère de lire l'interview du nouveau président *socialiste* du gouvernement espagnol:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-373846,0.html

Il y a en particulier une réponse saisissante à une question sur les 35 heures:

Je crois que la gauche moderne doit être avant tout celle qui construit une nouvelle étape de la démocratie. Il faut démocratiser la société, la politique, la culture, l'éducation, la recherche, le pouvoir économique, la famille, pour que la femme dispose d'un plus grand espace et que l'homme s'y engage. Chaque pas vers plus de démocratisation pour l'égalité entre les sexes ou plus de participation, par exemple dans les organisations non gouvernementales, dans le domaine des décisions politiques et économiques, ouvre des possibilités de sociétés plus justes.

La démocratie est une tendance naturelle de la gauche, mais la gauche de la seconde moitié du XXe siècle a centré son projet sur l'économie et le secteur public étatique. Elle a oublié la société et le fonctionnement démocratique. C'est le grand défi du socialisme du XXIe siècle. Il est plus efficace de faire des programmes de discrimination positive, par exemple pour avoir plus de femmes scientifiques, que d'augmenter les impôts ou d'établir les 35 heures.

Toni Blair était britannique, donc il paraît que ça ne compte pas. Là c'est Zapatero. Quand est-ce qu'on ferme les frontières et qu'on proclame l'autarcie ?

lionel, le 30/07/2004 à 00:51

Oui Lionel, mais la parité Zaparero lui il l'applique, son gouvernement compte huit femmes
qui occupent toutes des postes importants, ce
qui ne veut pas dire que les huit ministres
hommes ne font rien.
En France la loi sur la parité a permis de
grandes avancées,mais à l'assemblée nationale
on trouve 12,3% de femmes: L'UMP et le PS
refusent de féminiser leur représentation

rosalie, le 30/07/2004 à 09:34

Ce qui me dérange dans ce formidable éloge contre les 35h, et comment ne pourrait-il pas en être autrement de la part de chef d'entreprise, c'est que d'un coté on n'arrête pas de nous dire que les 35h c'est de la connerie, qu'il faut travailler plus, que nous sommes en retard vis-a-vis des USA etc....
et de l'autre coté on nous dit, en commencent par le premier ministre en personne, qu’il n’y a plus de solidarité inter-génération, que les jeunes sont abandonnée etc…..

Que voulez vous ?

Un monde d’égoïste ou chacun bosse 50h par semaine pour gagner sa vie et sans voir ses enfants et ses parents (rappelez-vous, la canicule de 2003 a fait 15.000 morts en France dont la plupart des gens âgés vivant seul….)

Ou bien essayer de faire la part des choses entre la qualité de vie et la possibilité de partager un maximum de temps avec sa famille, ses enfants et de pouvoir, un jour se dire, oui j’ai vu mes enfants grandir ???

Posez-vous cette question un instant avant qu’il ne soit trop tard car les regrets ne font pas revenir en arrière.

Et puisque je suis le bloc de Loic, j’ai crus comprendre qu’il a des journée et semaines très longues, mais j’ai crus aussi comprendre qu’il a des enfants ?

Honnêtement Loic, ne pas voir tes enfants durant des jours, tu ne pense pas que tu es en train de passer à coté de moments fabuleux ? Plus fabuleux qu’un contrat client, un rachat d’entreprise, etc.. ??

Oui tu va me dire que tu essai de ménager un peu de temps, que tu pars souvent quelques jours ensemble …. Mais tous cela ne sont que des excuses de beaucoup de patron ou manager pour se dédouaner.

La vérité c’est qu’un jour tes enfants (comme je l’ai vécu) t’en voudrons de ne pas t’avoir eu plus souvent a leurs coté, de ne pas avoir pu rentrer le soir et passer du temps pour te raconter leur journée d’école. Et toi un jour tu t’en voudras aussi.

Je parle de Loic, sachant que c’est un chef d’entreprise qui a déjà réussi et qui ‘pourrait’ se permettre d’arrêter mais imaginer les manager qui doivent faire 40 ou 50h par semaine sans voir le bout avant la pension ?

Ca aussi ça fait parti des 35h.

Carine

Carine, le 30/07/2004 à 09:38

> Lionel

La déclaration de Zapatero (ne parlons pas de Blair, cela fait bien longtemps qu'il n'est plus,mais alors plus du tout socialiste) s'apparente au mieux à une démission, au pire à de la collaboration. Il définit ce que l'on appelle la social-démocratie, qui est effectivement tout sauf un socialisme, c'est à dire l'adaptation tant bien que mal à des contraintes économiques sur lesquelles nous n'aurions aucune prise, et le retrait de l'action "politique" sur les problèmes sociétaux, certes légitimes mais à mille lieux des préoccupations des classes sociales les plus défavorisées (et oui, ça existe encore, y compris en France).
On ne change plus le monde (cf. le fin des idéologies chères à notre de nos contemporains depuis l'écroulement du bloc soviétique, ou encore la fin de l'Histoire, de Francis Fukuyama), on s'adapte tant bien que mal, et tant pis pour ceux qui n'ont pas les armes pour s'adapter. Une société a besoin d'une utopie collective pour progresser. La disparition de toute utopie, car s'adapter n'est pas une vision utopique mais une "contrainte", explique en grande partie ce que déplore justement Zapatero, à savoir la lente agonie de la démocratie dans nos pays. L'individualisme en est son corollaire, la concurrence de chacun contre tous sa concrétisation. Et tout cela prépare le retour d'un fascisme populiste. Donc une nouvelle régression. Quand tirerons-nous les leçons de l'histoire?

La troisième gauche n'est pas une gauche mais un centre droit.

Et la mondialisation n'est pas un fait inéluctable sur lequel les gouvernements n'auraient aucune prise. C'est un fait politique, qui provient de décisions politiques (par exemple le consensus de Washington), prises dans des organisations politiques (l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale, les think tanks nord-américains, la Commission). Il n'y a ques les ignorants ou ceux qui profitent de cet état de fait (ceux que sociologiquement on appelle les inclus) pour penser que tout cela est inéluctable et que la seule solution est de s'y adapter.

Sur les 35 heures, je reviendrais un peu plus tard pour alimenter ce débat avec des chiffres concrets... Il faut bien que je travaille un peu aussi, 35 heures de travail, c'est tellement court!

Krysztoff, le 30/07/2004 à 09:48

Ah la la...
Si les patrons passaient un peu moins de temps à râler sur les 35 heures pour travailler un peu plus, ce pays irait bien mieux.
Moi j'dis.
On pourra jamais s'en sortir comme ça.
Quelle bande de paresseux.
Non mais.

GM, le 30/07/2004 à 10:37

Comme j’y avais déjà fait allusion dans un précédant post, les 35 heures sont définitivement perçues comme un des « repoussoirs » majeurs pour les entreprises étrangères « de hautes technologies » quand elles considèrent l’établissement d’une activité ou d’une filiale en France (les autres étant le poids des charges sociales, et les difficultés de licencier). C’est un comble quand on contraste cela avec le fait que les écoles françaises sont généralement reconnues pour produire des ingénieurs de qualité.

Dans un contexte de compétition mondiale, cette exception à la française a malheureusement les effets mentionnés par Loïc: perte de marchés, délocalisations,… qui ont tous un effet négatif sur le marché de l’emploi. Ceux qui le pourront, ou le voudront, auront la possibilité de s’expatrier ailleurs en Europe, mais malheureusement les effets économiques sur la France se feront ressentir sur ceux qui restent (comme c’est déjà le cas). Je ne vois donc pas comment il est possible de laisser perdurer ces entraves au maintien de la France dans le club « des pays qui comptent » industriellement et économiquement. Si il n'est

Et entre bosser 35 heures par semaine, et 80 à 100 heures, il y a une marge de manœuvre qui permet de passer du temps avec ses enfants, de prendre des vacances, d’avoir une balance travail/vie,... juste pour reprendre certains des commentaires.

Jeff Clavier, le 02/08/2004 à 23:58

"Un monde d’égoïste ou chacun bosse 50h par semaine pour gagner sa vie et sans voir ses enfants et ses parents".

Un monde où tout le monde bosse beaucoup ("beaucoup" ne veut pas dire "trop") n'a rien d'incompatible avec un monde très solidaire, où l'entente inter/intra génération est développée.

Ce n'est pas parce qu'on a plus de temps libre qu'on l'emploie nécessairement mieux, qu'on en profite vraiment davantage, et qu'on passe plus de temps à vivre ensemble (je ne parle pas au niveau général, mais au niveau personnel ; il ne s'agit pas d'un jugement, mais d'une interrogation).

À partir d'un certain seuil de "temps libre" (libre pour quoi ? vivre, profiter, aimer, ou consommer, glander, perdre son temps ?).

rbmp, le 03/08/2004 à 14:44

Je crois que l'on ne peut pas parler des 35h, sans parler de la pénibilité de certaines activités salariées. Je veux bien que l'on dise pour certaines professions intellectuelles, ou valorisantes... que les 35h sont dépassées ou inutiles, en reportant la gestion du temps de travail sur la responsabilité individuelle du collaborateur. Mais pour un/e hôte/hôtesse de caisse, un ouvrier, un infirmier... je pense que la comptabilité du temps de travail garde tout son intérêt. Cela n'exonère pas pour autant certains imbéciles (cadres...), qui valorisent leur pseudo statut en justifiant leur absence par un "pas vendredi j'ai mes RTT" (déclinable avec n'importe quel jour de la semaine). Alors qu'il ne s'agit QUE de congés supplémentaires, et pas de contraintes complémentaires que devraient subir clients, interlocuteurs divers...

stephane, le 20/08/2004 à 13:55

Sans les mesures de flexibilité il n'y aurait pas eu de création d'emplois,mais ce qui est sur c'est qu'il y a eu une augmentation de la pénibilité au travail.
Les cadres ont tiré leur épingle du jeu,par
exemple chez Michelin ils ont obtenu des congés supplémentaires alors que les ouvriers travaillent le samedi.ect ect...

rosalie, le 20/08/2004 à 14:58

A propos des 35 heures, c'est dommage qu'il a pas eu un referendum là-dessus, en demandant aux intéressés "les ouvriers , ceux qui ont un travail assez physique, maçon,ouvriers agrioles et j'en passe etc..." s'ils sont pour ou contre de travailler moins et passer plus de temps avec leur famille...je crois si economiquement la France va mal il faut voir la réalité en face, la gauche n'est plus au pouvoir. alors pourquoi le gouvernement actuel qui a dans son emicycle beaucoup d'employeurs, qui à l'époque en a fait leur cheval de bataille "les 35 heures"n'abroge pas cette loi.......il a bon dos les 35 heures...ca va tellement mal que les entreprises coté a la bourse engrenge + 50% DE BENEFICES...
voila c'est le coup de geule d'un manoeuvre macon, qui prefere passer plus de temps de sa vie qui est souvent tres courte par au boulot physique de ma profession avec ma famille qu'avec mon employeur...

bloga, le 19/03/2005 à 11:16

arretez de nous raconter des conneries avec les 35 heures,je travaille dans le batiment et je peux vous dire que ce n'est pas 35 mais 50 heures dot 15 non payees .
vous etes aveugle ou quoi ne voyez vous pas ou ils nous enmenent omc et compagnie meme pour vous petits patrons.
un ouvrier polonais gagne 150euro un ingenieur roumain 250e.
avec une maison un credit de 850e comment etre competitif.
une seule alternative la revolution.
pour sarkozy,un petit napoleon pas pour moi non .merci.

yves, le 02/01/2007 à 17:29

Je m'inquiète qu'un bon gars comme toi puisse être aussi peu concentré. Le fiasco des 35h c'est le fiasco de l'État qui n'a pas su faire respecter l'embauche.
Travailler plus pour gagner plus ? Tu sais ce qu'est un patron ?
Qui va décider si je "peux" travailler plus, dans quel cadre, à quel prix ? Croyez-vous vraiment qu'un patron va vous porposer des plages horaires aménagées ? En entreprise, il faut que ça dépote et le patron mettra tout en oeuvre pour que ça dépote à l'heure juste.
Outre son inculture patente, Monsieur Sarkozy a tout de même passé 6 mois aux finances de la France. Si vous croisez un contrôleur des impôts ou un agent du trésor, demandez-lui ce que ça a donné...

ajax, le 17/04/2007 à 19:47

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

« Nous recherchons un ingénieur expérimenté sur Perl | Accueil | Neuf Telecom lance Neufblog sur TypePad »

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/14060/968348

Voici les sites qui parlent de Les 35 heures: réflexions du jour:


suivre loiclemeur via http://twitter.com

Abonnez-vous à ce blog par email




Mon activité sur Internet

Suivez-moi sur FriendFeed

Nouveau sur ce blog ?

Bienvenue sur mon blog. Je suis un entrepreneur et blogueur. Pas encore diplômé, c'est sur le campus HEC en 1996 que j'ai crée ma première entreprise. J'en suis aujourd'hui à la cinquième, Seesmic. Voici ce que TechCrunch en dit. Je vis a San Francisco pour lui donner le plus de chances possible de réussite.

Vous pouvez me suivre tous les jours en vidéo sur loic.tv, plusieurs fois par jour en style SMS sur Twitter, je poste aussi mes photos sur flickr.

Enfin, j'organise LeWeb3 à Paris tous les ans, conférence qui regroupe plus de 1000 blogueurs et entrepreneurs pour discuter de l'avenir du web.

Pour en savoir plus sur moi voici une bio plus complète, mon profil LinkedIn et mes pages Wikipedia en français et en anglais qui font souvent néanmoins l'objet de modifications ne reflétant pas vraiment la vérité, mais c'est le principe.

Vous pouvez vous abonner aux flux RSS du blog en français et en anglais et du podcast vidéo

Dernière photo envoyée

 
Abonnés FR
Subscribers EN
Flux RSS Vidéos

Abonnez-vous au podcast, c'est gratuit !

 Ajoutez moi sur ...